[MUNICIPALES] A Paris, un ancien de La Manif pour tous écarté des listes d’Agnès Buzyn

Source [Le Monde] Attaqué pour ses prises de positions contre le mariage homosexuel, Jérôme Dubus se retire de la campagne de La République en marche pour les municipales à Paris.

Sur la photo, il aurait dû figurer juste à côté d’Agnès Buzyn, en tant que deuxième ou quatrième de liste. Mais Jérôme Dubus, 57 ans, n’apparaît finalement pas sur le cliché de la candidate de La République en marche (LRM) et de ses colistiers du 17e arrondissement, pris dimanche 23 février dans le quartier des Batignolles. A quelques jours du dépôt des listes pour les élections municipales, il a été décidé, « d’un commun accord », que cet élu de Paris, ancien secrétaire national de l’UMP, ne serait pas candidat dans son arrondissement, ni dans un autre. Il quitte la campagne, alors qu’il avait été investi le 5 février par le parti présidentiel.

 

« Depuis quelques jours, je suis l’objet d’un harcèlement sur les réseaux sociaux, à la suite de deux messages anciens postés en 2013 et qui, avec le recul, peuvent être jugés maladroits, explique Jérôme Dubus. J’ai même reçu des menaces téléphoniques. Ce déferlement risquait de nuire à la campagne d’Agnès Buzyn. J’ai besoin, en outre, de pouvoir exercer mon activité professionnelle de façon sereine. J’aurais pu combattre, m’expliquer. Mais en conscience, j’ai préféré me retirer de la liste. »

Dans les messages en cause, Jérôme Dubus prenait clairement position contre le mariage homosexuel. En janvier 2013, il écrivait à propos de Jean-François Copé : « Le président de l’UMP a fait le bon choix : être au milieu des 800 000 manifestants pour dire non à ce projet. » Nouveau message en juin : « Gay Pride : les revendications de ces minorités sont sans fin : après le mariage gay, désormais voté, voici venir la PMA [procréation médicalement assistée] pour les lesbiennes, promise paraît-il par Hollande, écrit alors Jérôme Dubus. Mais où s’arrêteront ces remises en cause permanentes de l’équilibre naturel ? Ces gens nous poussent à la résistance active contre cette évolution largement minoritaire dans la société française. »

D’autres messages ont aussi été pointés du doigt ces dernières semaines. En novembre 2014, le responsable UMP avait ainsi organisé dans son arrondissement une conférence d’Eric Zemmour sur le thème « Le suicide français ? ». Peu après, il apportait un soutien appuyé au polémiste : « N’en déplaise aux gauchos de tout poil, Zemmour n’a pas l’intention de la fermer et il a raison. »

Malgré ces messages très marqués à droite, l’ancien partisan de Jean-François Copé puis de François Fillon rallié à Emmanuel Macron avait été investi par LRM pour les élections sénatoriales de 2017, puis pour les municipales de 2020. En décembre 2019, Benjamin Griveaux se félicitait même que d’anciens de La Manif pour tous le rejoignent, et montrent ainsi qu’ils avaient évolué sur un sujet comme le mariage pour tous.

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