Quand un communiste comprend enfin

Source [La Lettre Patriote] : L’ancien député-maire de Vénissieux André Gerin quitte le PCF : « Notre France est défigurée (…) un pays sans frontières n’est pas un pays ». L’ancien député-maire communiste a publié une lettre qu’il a envoyée à Fabien Roussel et André Chassaigne dans laquelle il leur indique les raisons de son départ du PCF. Nous en publions ici un extrait.

Cher Fabien, Cher André,

(…)

Aujourd’hui, j’ai décidé de quitter le PCF. Je vais néanmoins continuer mon combat communiste. Je ne faiblirai aucunement et participerai à la reconquête de l’électorat du FN comme je l’ai toujours fait. D’ailleurs, j’ai toujours pensé que c’est notre raison d’être de communistes.

(…)

Depuis toujours, la colonne vertébrale du PCF est définie par une République sociale, laïque, féministe et un sens aigu de l’universalisme, c’est notre ADN. Or, que constate-t-on ? Que sait-on ? La coloration communautaire de Jean-Luc Mélenchon est connue publiquement. Elle pose tout de même une question essentielle pour la gauche et surtout pour le PCF. Jean-Luc Mélenchon assure l’ambiguite ethnico-religieuse avec sa nouvelle démarche politique qu’il contribue à la victimisation des musulmans, une façon de les infantiliser et de les rendre passifs. Elle correspond de plus en plus à une forme identitaire à l’américaine.

Rappelons-nous un fait marquant : en novembre 2019, il participe à la marche contre l’islamophobie programmée par les organisations islamistes. C’est une démarche plus qu’inquiétante face à la France populaire, ouvriers, employés et tous les oubliés de la France périphérique et rurale, qui ont fait le choix de voter massivement pour Marine Le Pen ou de s’abstenir. A vouloir suivre cette stratégie, on voit bien que les questions sociales et l’appartenance de classe deviennent négligeables.

Avec l’actualité, le problème du burkini est revenu sur le devant de la scène. Je rappelle que le maire de Grenoble, Eric Piolle est un proche de Mélenchon. Il fait ainsi en sorte d’accélérer les accommodements avec les islamistes.

Il faut se rappeler 1989, à propos du foulard au collège de Creil. Devant le refus courageux du principal, le ministre Jospin se défausse et la gauche ferme les yeux. Jean-Luc Mélenchon est à son image. Il y a beaucoup de complaisance de sa part aussi.

Regardons ce qui se passe depuis 33 ans dans le paysage de nos villes. Notre France est défigurée. Les habitants ont le sentiment de n’être plus au pays des Lumières. Pire, avec des trafiquants de drogue et les intégristes, dans certains quartiers, il est de plus en plus difficile d’exercer son activité professionnelle tout à fait normalement, que l’on soit médecin, artisan, où travailleur de première ligne.

Un des plus grands marchés de l’agglomération lyonnaise se situe aux Minguettes à Vénissieux. Il a été ghettoïsé. Pour exemple, les boucheries traditionnelles ont disparu.

Lorsque j’ai pris l’initiative parlementaire de m’opposer publiquement au voile intégral, à la burqa, comme un paria, j’ai été mis à l’écart du groupe communiste alors que j’avais un dossier alarmant, très préoccupant. En effet, en 2009, mes services municipaux à l’état civil subissent de graves menaces. On me rapporte qu’un gourou refuse que l’on puisse voir le visage d’une femme pour établir ses papiers d’identité. J’apprends aussi les dangers auxquels sont soumis les médecins hommes. Ces mêmes gourous leur interdisent d’accoucher leur femme. Mais le pire, ce sont les jeunes filles qui le subissent, interdiction de se rendre au planning familial, de s’habiller à la française. Concernant les adolescentes, des certificats de complaisance leur sont délivrés pour les exonérer d’activité sportive. Dans les collèges, des garçons adolescents montent la fronde en contestant les cours de biologie, d’histoire et de sciences naturelles. Les exemples sont pléthores à ce sujet.

Aujourd’hui, treize ans plus tard, la situation se dégrade même si les choses se font un peu différemment et plus discrètement.

Certains quartiers où l’on a habité sont méconnaissables. Il serait impossible d’y vivre à présent. Le mode de vie, les tenues vestimentaires confirment l’incrustation du ghetto ethnique. Cette ambiance culturelle a obligé ceux que l’on appelle « les français de souche » à fuir vers d’autres villes et autres quartiers. Rajoutons à cela, les singulières menaces que subissent les familles de confession juive.

Il se trouve que j’ai largement pu observer un phénomène depuis une vingtaine d’années. Un racisme anti blanc et anti France s’est développé. D’ailleurs, l’imam Bouziane (que j’ai fait expulser en 2004) était à la pointe de ce combat en exerçant un travail de taupe dans les quartiers.

Oui je connais parfaitement cette réalité. Je la vois, je la vis douloureusement. Ce sont devenu des espaces de « mal vivre » qui pourrissent le quotidien des habitants.

Cela fait 54 ans, depuis 1968 exactement que je vis au cœur du plateau des Minguettes de Vénissieux. Je sais donc de quoi je parle.

(…)

Nous devons définitivement refuser la diabolisation de Marine le Pen et d’Eric Zemmour. Jean-Luc Mélenchon se fourvoie dans cette voie. C’est une stratégie d’échec que nous avons payé cash depuis 40 ans. La crise que nous vivons en France, mais aussi en Europe et aux USA préjuge de durables répercussions, nous devons en trouver le sens profond.

Du marché unique à Maastricht et Schengen, l’Europe des nations se dissout. C’est l’ouverture à l’immigration, et aux délocalisations massives vers la Chine avec les transferts de technologies.

Les ghettos sociaux deviennent des ghettos ethniques et se transforment inévitablement en, ce que l’on nomme désormais « les territoires perdus de la République ». C’est le résultat des politiques menées depuis François Mitterrand qui ont conduit à l’islamisation, au communautarisme et à l’atomisation de la France.

J’ose dire que c’est une crise de civilisation qui concerne l’identité de la France. Elle met des mots sur les colères, le refus de l’immigration illégale, le désarroi face à l’appauvrissement, la désindustrialisation et l’insécurité permanente. Beaucoup de français ont le sentiment que la France se délite de manière chaotique. Ils ont une inquiétude grandissante face à l’islam radical.

Pour ma part, redonner ses lettres de noblesse à l’idée de Nation et de patriotisme est primordial car un pays sans frontières n’est pas un pays. Je le dis et je l’assume.

Nous devons refuser cette l’idéologie dominante du politiquement correct où le langage est édulcoré mettant en péril le devoir de vérité et la libre expression. Ne nous laissons pas enfermer par les élites bien-pensantes qui veulent bâillonner les paroles critiques. Si le multiculturalisme est un sujet d’inquiétude soulevé par les populistes, nous ne devons pas pour autant nier ce problème.

Bertoldt Brecht disait à son époque : « Puisque le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple ». C’est une phrase qui revêt ici tout son sens ; elle est à l’image du « Non » au référendum de 2005, lors duquel le peuple a rejeté le traité européen, traité à peine transformé deux ans plus tard en traité de Lisbonne et adopté en catimini, au mépris de la démocratie.

Le PCF aurait dû redevenir le pivot de cette question qui nous mène à une impasse depuis trop longtemps : une immigration incontrôlée et une « archipélisation » culturelle et politique de la France.

Je crois dur comme fer à la civilisation française, à notre art de vivre à notre fierté d’appartenir à la nation française sans tomber dans les affres d’un nationalisme extrémiste. Que cela nous plaise ou non, nous n’échapperons pas au diagnostic des transformations démographiques et culturelles de notre pays et de l’Europe. Des millions de Français ordinaires les vivent en silence, ayant le sentiment que la classe politique, les élites et la gauche française ont vécu dans le déni de ces défis centraux.

Défendons l’existence de frontières et refusons le piège du multiculturalisme sans frémir (sauf qu’on n’hésitera pas à vous clouer au pilori affirmant que vous êtes perdus pour la société et que peut-être, vous êtes lepénisés).

Le plus grand défi à relever, c’est l’intégration des communautés musulmanes en extrême difficulté à cause des pressions de l’islamisme radical et de l’islam politique. Cette situation dangereuse fait partie des éléments qui nourrissent des germes de guerre civile.

Nous sommes dans une paralysie de la pensée, pour ne pas dire à côté de « nos pompes » lorsque l’élite française souhaite mettre un cordon sanitaire autour d’Éric Zemmour ou de Marine le Pen, ou lorsque dans le journal l’Humanité, on parle de vague brune.

Je refuse le mépris de l’élite française mais je suis du côté des colères de la France d’en bas. Le fossé se creuse à la faveur de la mondialisation capitaliste et de la poussée migratoire. En France comme en Europe, le retour de la question de la Nation et de l’identité des pays est une donnée incontournable.

C’est sans état d’âme que j’ai appris à parler vrai, à parler haut et fort. Je n’accepte pas cet aveuglement, ce déni, cette omerta qui nous sont servis. Que dire de cet angélisme duquel nous devons sortir !

La deuxième religion de France, l’islam spirituel, doit trouver sa place en toute dignité dans le respect des valeurs de la république laïque. Mais pour ce faire, il faut une volonté politique affirmée pour agir, unir, rassembler toutes les forces du pays, en partenariat bien sûr avec les français de confession musulmane. Ensemble, nous devons faire la guerre à l’islamisme et appréhender sérieusement la radicalisation d’une partie des musulmans, en particulier cette jeunesse française imprégnée de l’islam radical (le djihad). Toutes les études le montrent, le salafisme se fait de plus en plus prégnant dans la société française, le communautarisme se propage et la charia s’impose dans certains territoires (comment se fait-il que des enfants français deviennent des ennemis de la France ?). La guerre civile en Algérie aurait dû nous éclairer sur le rôle des islamistes, le Front islamique du salut (FIS). Combien de musulmans laïcs ont été assassinés ? Rappelons-nous aussi les plus de 200 journalistes et écrivains et les 200 000 morts recensés.

 

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