Pourquoi était-il notre pape ?
Article rédigé par Matthieu Grimpret et alii, le 15 avril 2005

Qui sommes-nous, ceux de la fameuse "génération Jean Paul II" ? Notre contour est flou, il faut en convenir. Si nous sommes une génération, nous ne le sommes pas aux dimensions habituelles.

Nous avions vingt ans au Parc des Princes en 1980, vingt ans aux JMJ de Saint-Jacques de Compostelle en 1989, vingt ans aux JMJ de Paris en 1997. Trois fois vingt ans sous Jean Paul II, trois fois témoins d'une rencontre capitale, trois fois unis par un évènement fondateur.

Mais cela n'est pas tout. Plus profondément, nous sommes unis par une expérience commune : celle d'être passés d'une foi d'enfant à une foi d'adulte sous le pontificat et sous la conduite de Jean Paul II. En ce sens, il est bien notre pape, celui qui nous a montré la voie et confirmés dans notre choix. Nous ne sommes pas les enfants d'un mouvement ou d'une chapelle, d'une paroisse ou d'un diocèse, nous sommes d'abord les fils spirituels de Karol Wojtyla.

Avec lui, nous avons compris que le Christ est d'abord une personne. Et la foi, l'instant sans cesse recommencé d'une rencontre avec Celui qui est né, mort et ressuscité pour le salut de tous. Révélation capitale dans laquelle nous avons renouvelé notre baptême et engagé notre vie. Si le catholicisme est un héritage, il est devenu par Jean Paul II la source vive d'une rencontre dans laquelle nous nous sommes immergés.

Ce pape nous a unis et envoyés dans le monde. Il fut notre "saint-père", dénominateur commun de notre sensibilité spirituelle et de nos engagements. Avec lui, nous avons saisi notre époque et les drames de l'homme contemporain. Sa vie et son magistère ont façonné notre désir de répondre aux défis de l'Eglise de notre temps.

La mort de Jean Paul II ne signe pas la fin de notre génération. Si la date du 2 avril 2005 clôt une période de notre histoire, elle en ouvre une autre.

Impossible alors de ne pas nous interroger sur le sens de notre héritage, sur la manière de le partager et de nous en nourrir. Dans nos familles et dans nos responsabilités professionnelles, dans nos paroisses et dans nos quartiers. Dans la Cité aussi, la France et l'Europe d'aujourd'hui, dont l'avenir dépendra de "la grande confrontation spirituelle" annoncée par le pape polonais dans Mémoire et Identité, son dernier livre.

Une mission à la mesure des enfants de Jean Paul le Grand. Nous en sommes sûrs : la grâce de son pontificat commence.

*Matthieu Grimpret, auteur de La Révolution de Dieu - Jeune, catholique et heureux de l'être (Anne-Carrière, 1999)

Laurent Larcher, auteur de La Face cachée de l'écologie (Cerf, 2004)

Philippe de Saint-Germain, directeur de la revue Liberté politique (éd. F.-X. de Guibert)

> D'accord, pas d'accord ? Envoyez votre avis à Décryptage

>