« Après le scandale récent d'un avortement forcé d'un fœtus de 7 mois en Chine[1], le Parlement européen s'insurge contre la politique de l'enfant unique dans une résolution adoptée le 5 juillet (2012/2712(RSP)», nous rapporte Zenit le 6 juillet.
Sous le titre « Scandale des avortements forcés en Chine », la résolution dit que « La pratique des avortements forcés et des stérilisations en Chine, dans le cadre de la politique de l'enfant unique, est inacceptable ». Le Parlement rappelle que l'avortement est illégal en Chine au-delà de six mois, mais que la politique de l'enfant unique se traduit par des avortements illégaux sélectifs très répandus. « L'avortement forcé doit être discuté lors du prochain dialogue sur les droits de l'homme avec la Chine » souligne le Parlement (Réf. 20120704IPR48330).
L’initiative de cette résolution, qui condamne fermement « la Chine pour le maintien de l'avortement forcé dans le cadre de la politique de l'enfant unique », a été prise par Anna Zaborska, député européen de Slovaquie avec qui la Fondation de Service politique travaille régulièrement, et Alojz Peterle, député européen de Slovénie. Ces derniers précisent que « le Parlement européen réaffirme le droit fondamental de chaque femme d'accéder à des systèmes publics de soins de santé, notamment aux soins primaires et aux soins de santé gynéco-obstétricale tels qu’ils sont définis par l'Organisation mondiale de la santé. » Ils ajoutent: « Si les organisations internationales prenaient vraiment au sérieux leur demande de « gamme complète de méthodes sûres », il faudrait alors aussi proposer aux peuples les méthodes naturelles ou bien la méthode ABC (Abstinence, Fidélité, Préservatifs). De même, faudrait-il informer sur les conséquences néfastes de l'avortement pour la personne et pour la société. »
Dans cette résolution, « le Parlement européen souligne avec insistance que, selon le plan d'action de la Conférence internationale sur la population et le développement, l'objectif des programmes de planification familiale doit être de permettre aux couples et aux individus de prendre des décisions libres, responsables et éclairées sur la procréation et de mettre à leur disposition une gamme complète de méthodes sûres, efficaces et acceptables pour une planification familiale librement choisie, et sans aucune forme de contrainte. »
Le parlement préoccupé par l’argent européen investi dans le financement d’institutions « pro-avortement »
Le Parlement européen est en effet l’institution qui vote le budget de la Communauté européenne. Depuis quelques mois déjà, des observateurs indépendants tels que European Dignity Watch rapportent que l’Union européenne serait le plus gros pourvoyeur de fonds des associations promouvant des politiques allant contre la vie et la famille comme IPPF (International Planned Parenthood Federation), Marie-Stopes-International, et DSW [280 millions d’euro pour la période 2011-2013]. Pourtant, l’utilisation de « l'avortement comme outil de planification familiale et de contrôle de population » n’est pas conforme aux règles internationales.
Considérant que l'Union européenne a financé et finance encore des organisations qui interviennent dans les politiques de planification familiale en Chine, le Parlement européen prie instamment la Commission européenne de veiller à ce que les financements qu'elle octroie à certains projets soient bien conformes aux observations figurant du budget général de l'Union en disant explicitement: « L’aide de l’Union ne devrait être accordée à aucune autorité, aucune organisation ou aucun programme qui soutient ou participe à la gestion d’une action impliquant des violations des droits de l’homme, telles que l’avortement obligatoire, la stérilisation forcée ou l’infanticide, de surcroît lorsque ces actions s’exercent au moyen de pressions psychologiques, sociales, économiques ou juridiques. »
Anna Zaborska, présidente de l'intergroupe « Famille » du Parlement européen et membre de la Commission du développement et de la Commission des droits de la femme qu'elle présida de 2004 à 2009, rappelle que ses deux commissions parlementaires ont demandé de faire le point « scientifique » sur les « méthodes d'avortement eugénique », c'est à dire l'avortement « sélectif selon le sexe de l'enfant à naître ». Alojz Peterle, quant à lui, exprime son inquiétude devant cette situation: « Nous sommes préoccupés par cette pratique car l'équilibre démographique devient un élément important dans des relations internationales ».
Les deux députés conviennent que « cette résolution représente aussi une réussite de toutes les personnes de bonne volonté qui contactent régulièrement leurs députés nationaux et européens ainsi que les gouvernements des États membres, demandant une politique cohérente et responsable qui mette au centre la dignité intégrale de la personne humaine de la conception jusqu'à la mort naturelle. » Cette résolution est en effet très puissante car elle condamne de façon générale la pression faites aux femmes pour avorter tout autant que le crime de l’avortement utilisé comme simple outil de planification familiale.
Enfin, il est intéressant de voir le résultat du vote final à appel nominatif qui montre que les députés européens du groupe socialiste, écologiste et communiste ainsi que les Libéraux ont voulu empêcher l'adoption de cette résolution, en votant contre le texte.
[1] Le Parlement dénonce l'enlèvement et l'avortement forcé d'une femme enceinte de sept mois, Feng Jianmei, le 2 juin 2012
A.C.
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