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Rome espère un assouplissement de la laïcité française ; Nicolas Sarkozy provoque les Irlandais ; Benoît XVI aux JMJ : « Pas d’écologie sans respect de la vie »… voici le “Décryptage” express de la semaine qui vient de s’écouler, par la Fondation de Service politique.





FRANCE


La révision constitutionnelle suspendue à quelques voix

Aura, n’aura pas, la majorité des trois cinquième requise pour faire adopter la révision constitutionnelle par le Congrès ? Réponse à Versailles, lundi soir. En attendant l’échéance, contentons-nous de trois observations rapides, sur la portée politique, historique et institutionnelle de l’événement.

1/ Nicolas Sarkozy n’a pas ménagé sa peine pour obtenir « sa » révision :
Quitte à donner de multiples gages à ses adversaires pour en débaucher quelques uns. Le jeu de rôle qui s’est établi entre Jack Lang et lui au cours de la semaine, par tribune et entretien dans le journal Le Monde interposés, est trop racoleur pour ne pas laisser une impression désagréable d’opportunisme. Sans parler des « torsions de bras » et du chantage exercés à l’encontre des parlementaires récalcitrants de sa majorité. Dès lundi on aura l’occasion de compter les courageux et les lâches ; courage et lâcheté qu’il conviendra de mesurer à l’aune de leur fragilité électorale.
2/ Vingt-quatrième révision de la Constitution de 1958 en 50 ans :
En moyenne une révision tous les deux ans, mais compte tenu de l’accélération du rythme, presque une par an depuis le début des années 90 ! On est loin du discours officiel sur la stabilité du régime. L’instabilité constitutionnelle dont les Français sont les champions a trouvé son tour de passe-passe : au lieu de changer la Constitution elle-même comme auparavant, on la révise à tout bout de champ. Preuve de souplesse ? Non : « bougisme » et mépris des institutions qui doivent se plier à l’air du temps.
3/ Si elle est adoptée, ce sera une révision majeure :
La principale question qu’elle pose est la suivante : y aura-t-il encore un chef de l’État ? En entérinant la remontée de la conduite de l’action gouvernementale au niveau de l’Élysée et la réduction du Premier ministre au rôle de supplétif du Président chargé de la gestion au jour le jour comme Nicolas Sarkozy l’explique sans fard dans l’entretien précité, elle aboutit de facto à rendre vacante la fonction suprême de chef de l’État. Qui pourra encore, de façon incontestable par son arbitrage, veiller au fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi qu’à la continuité de l’État, garantir l’indépendance nationale, l’intégrité du territoire et le respect des traités internationaux ? Peut-on être à la fois dans et au-dessus de la mêlée ?
On comprend les inquiétudes des opposants face à cette dérive bonapartiste : elle nous éloigne dangereusement des équilibres traditionnels qui avaient fini par s’établir à peu près partout en Europe.


La rigidité laïque française, vue de Rome

Le cardinal Tarcisio Bertone espère un infléchissement de la France sur la question de la laïcité. Une déclaration qui n’est pas le fruit du hasard à deux mois du voyage de Benoît XVI en France. Ce souhait a été formulé, le 11 juillet, dans un discours prononcé dans le cadre d’une table ronde organisée à Rome là l’occasion du 60e anniversaire de la Constitution italienne et du concordat avec le Saint-Siège. Il a été publié dans l’Osservatore Romano l’organe officiel du Vatican.

Le secrétaire d'État du Saint-Siège remarque que les discours prononcés par le président français Nicolas Sarkozy sur la laïcité à Rome le 20 décembre 2007 au Latran le 20 décembre 2007 et à Riyad le 14 janvier « ont suscité stupeur et indignation en France ». Le président français avait en effet insisté sur les « racines chrétiennes de la France », appelant à une laïcité « positive » contre une laïcité « épuisée » menacée par « le fanatisme ». En Arabie Saoudite, il avait évoqué le « Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le cœur de chaque homme… rempart contre l'orgueil démesuré et la folie des hommes ».

Alors que le cardinal qualifie la situation italienne de « vraie laïcité », cadre d’une « collaboration fructueuse » entre l'Église et à l'État avec « un objectif commun: la promotion du bien authentique de l'Italie », il note que « certains éléments font espérer une évolution de cette laïcité rigide qui fit de la France de la IIIe République un modèle de comportements antireligieux ».

Ces remarques qui n’ont rien d’anodines s’inscrivent évidement dans le cadre de la préparation du voyage du pape en France. La liberté de conscience est subtilement menacée en France, par des lobbies agressifs, mais surtout par une mentalité commune qui s’exprime à travers un ensemble de comportements qui relèvent d’un laïcisme sournois, comme l’évoquent exemple les nombreux témoignages reçus par la Fondation de Service politique concernant la liberté religieuse à l’école. Sur cette persécution rampante, l’Église de France est très discrète, par peur de représailles. Manifestement Rome n’a pas l’intention de demeurer dans le déni et de laisser étouffer la liberté de pensée de parole et d’action d’un grand nombre de fidèles de tous âges.

Lorsque Jean Paul II est venu en France pour la première fois, il avait posé une question : « France, fille aînée de l’Église, qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ? » La question jugée incongrue, voire incorrecte est demeurée sans réponse. Il est peu probable que Benoît XVI interpelle la France de cette manière. Ce n’est pas son style. Mais l’axe demeure le même. La France dispose de ressources spirituelles importantes. Or les catholiques français, à la différence d’autres européens, acceptent trop fréquemment de se laisser étouffer par la culture ambiante. Ce sont ces énergies spirituelles que Benoît XVI, comme son prédécesseur, veut réveiller et libérer de leurs carcans.


Les catholiques ont plus d’enfants

80 % des Français se déclarent catholiques. C’est dans leurs familles qu’on trouve le plus d'enfants Dans une enquête de l’INED, les chercheurs Arnaud Régnier-Loilier et France Priou estiment à 35 millions (80 %) le nombre de Français de 18 à 79 % ayant pour religion d’origine ou d’appartenance le catholicisme ; les musulmans seraient 2 millions (5 %) ; les protestants 900.000 (2 %) et 800.000 sans confession. Les juifs seraient 575.000 d’après le Fonds social juif unifié, et les sans religion 5 millions (11 %). Cette répartition est très différente selon l'âge : les plus jeunes déclarent moins souvent une religion et, lorsqu'ils en ont une, pratiquent moins régulièrement que leurs aînés.

La pratique religieuse influence-t-elle les comportements familiaux ? C’est l’objet principal de cette enquête. Les plus pratiquants, qui représentent aujourd'hui une faible minorité, restent davantage attachés au mariage et vivent moins souvent plusieurs unions successives. Ils ont par ailleurs plus d'enfants : parmi les femmes nées en 1960 et ayant vécu en couple au moins une fois, les plus assidues ont eu en moyenne 0,6 enfant de plus que les autres. Les femmes pratiquant une autre religion que le catholicisme, l'islam notamment, ne sont pas seules responsables de cet écart : les catholiques les plus pratiquantes ont eu 0,5 enfant de plus que les autres.




INTERNATIONAL


Sarkozy provoque les Irlandais

« Les Irlandais devront revoter », a déclaré un peu rapidement Nicolas Sarkozy lors d’une rencontre avec des députés de l’UMP. « Officiellement », cette rencontre était « officieuse ». Une des pistes explorées à Bruxelles avec les Français pour obtenir un vote favorable des Irlandais serait le renoncement à la réduction du nombre de commissaires. Des mesures pour garantir le respect de la neutralité de l’Irlande et sa souveraineté sur les valeurs morales (comme le respect de la vie), seraient également à l’étude.

Ainsi, les soi-disant "avancées institutionnelles" de l'ex-Traité constitutionnel et, après lui, du traité de Lisbonne devaient être sacrifiées les unes après les autres. Après la "diminutio capitis" subie par la présidence du Conseil, après l'abandon de tous les symboles du fédéralisme qui caractérisaient le projet de constitution et que le traité de Lisbonne a entériné, voici que le resserrement de la Commission passe à la trappe.

On se souviendra que, lors des débats qui ont précédé le rejet du traité constitutionnel, nous avions déjà mis le doigt sur l'échappatoire qu'il comportait et qui a été reproduit dans le traité de Lisbonne, c'est-à-dire la disposition permettant au Conseil de renoncer au resserrement en statuant à l'unanimité ; nous avions prévu qu'elle serait utilisée à la première occasion. Autant dire que le dispositif institutionnel, dont on nous avait rebattu les oreilles en soulignant les progrès qu'il comportait, n'a finalement pas autant de valeur qu'on le prétendait ; et qu'à force de retours en arrière on en revient au traité de Nice.

Il est vrai que le problème à résoudre relève de la quadrature du cercle : comment faire revoter les Irlandais sans modifier le texte du traité de Lisbonne ? Car y changer ne serait-ce qu'une virgule obligerait à reprendre à zéro toutes les procédures de ratification : un traité international, au moment où il est soumis à ratification, forme un bloc à prendre ou à laisser.
Est-ce que la mise au point des exceptions destinées à emporter les faveurs des Irlandais serait toutefois suffisante ? Rien n'est moins sûr.

Sans même évoquer les motifs du "non" irlandais, on peut s'attendre à ce que cet abandon d'une Commission resserrée se heurte à deux adversaires : la Commission elle-même qui va y voir une menace (réelle au demeurant) sur son fonctionnement, déjà fort critiquable ; et sans doute ceux des États membres qui sont le plus attachés à la renforcer car, à leurs yeux, elle doit rester un rempart contre l'emprise des grands. La Commission a-t-elle encore assez d'autorité pour s'y opposer efficacement alors qu'elle est en fin de mandat, et qu'elle n'a guère brillé sous la présidence de M. Baroso ? Quant aux petits États, ils se trouvent coincés par le "non" irlandais et l'impasse dans laquelle il les enferme.


Chine : les catholiques fidèles aux sinistrés

D’après les victimes du tremblement de terre de Si Chuan, “les catholiques font partie des rares qui sont restés pour nous aider”. Selon l’agence Fides, de nombreux chrétiens de l’Église de Chine se sont mobilisés pour assister les populations sinistrées. Le Centre de service social du diocèse de Xi An (province de ShaanXi) et la paroisse de Xi He du diocèse de Tian Shui (province de Gan Su) ont envoyé vinq universitaires dans la zone sinistrée pour aider les jeunes qui ont manqué des cours à cause du violent tremblement de terre du 21 mai dernier.

Deux mois après le séisme, les habitants de la zone sinistrée souffrent encore de conditions de vie très difficiles. La plupart des ONG qui avaient accouru au moment du désastre, sont désormais reparties. « Comme dit la population locale, “maintenant les catholiques sont parmi les rares restés pour nous aider” ». La vie religieuse a repris sur place, sous des tentes, ou en plein air. « La plus grande célébration liturgique a eu lieu à l’occasion de l’ouverture de l’Année paulinienne » [Source : Fides].


Tibéhirine : “Kiser avait tout révélé”

En contrepoint de notre « Fil » du 11 juillet concernant le meurtre des moines de Tibihérine, Henry Quinson* nous adresse des précisions validant la thèse de Valerio Pellizzari (Stampa, 6 juillet 2008) et de Laurent Marchand (Ouest France, 9 juillet 2008). L'article de Valerio Pellizzari «Les moines de Tibhirine tués par les militaires» publié par la Stampa le 6 juillet 2008, qu'a commenté Ouest France le 9 juillet, ne fait que reprendre ce que révélait l'enquête de John Kiser, Passion pour l'Algérie, les moines de Tibhirine, p. 358 (version française, Nouvelle Cité, traduite et complétée par Henry Quinson, Prix des libraires Siloë) dès mars 2006. John Kiser était le premier à révéler l'affaire de l'hélicoptère algérien mitraillant les sept frères et leurs ravisseurs :
« D'après une source interrogée à Alger, l'attaché militaire de l'ambassade de France aurait admis que les services de renseignement avaient intercepté une conversation dans laquelle un pilote d'hélicoptère algérien disait : “Zut ! Nous avons tué les moines !” Pour éviter que la bavure ne soit rendue publique, les corps furent enterrés, mais quelqu'un eut une autre idée. Pour faire croire que les terroristes étaient responsables de leur mort, ils décapitèrent les moines et exposèrent leurs têtes, peut-être en différents endroits pour obtenir un effet de choc maximum. Les articles de presse horrifiants expliquant que seules les têtes avaient été retrouvées ne pouvaient qu'affaiblir un peu plus le soutien du GIA dans l'opinion publique. Plus ses crimes étaient atroces, mieux c'était. La bavure des militaires avait été transformée en argument de propagande gouvernementale. »
Malheureusement, au printemps 2006, une partie de la presse française (La Croix [1], Le Monde [2]) se laissait influencer par le commentaire mal informé du père Armand Veilleux publié sur l’Internet le 23 mars 2006. L'abbé de Scourmont y affirmait que « l’édition française de 2006 ne tient compte que marginalement de la masse considérable d’informations rendues publiques depuis [la publication de la version originale de l'enquête de John Kiser aux États-Unis en 2002] ».

Le père Veilleux réagit le 9 juillet 2008 à l'article de la Stampa dans les colonnes de Ouest France par un aveu d'ignorance troublant : « C'est un élément nouveau qu'apporte cet article très sérieux. » Le père Veilleux n'a visiblement toujours pas lu la version française de Passion pour l'Algérie, « revue, corrigée et mise à jour », qui pourtant sert la position qu'il défend : les services algériens seraient au moins en partie coupables de la mort des moines.

Ceci explique que, malgré le dossier de presse (information sur l'hélicoptère, p. 4) largement diffusé en mars 2006 par l'éditeur Nouvelle Cité, qui éclairait d'un jour nouveau les circonstances de l’enlèvement et de la mort des moines de Tibhirine, les journalistes français n'aient pas noté l'élément inédit mis au jour par John Kiser. Or cette information publiée il y a plus de deux ans renforce effectivement la thèse de la "bavure" militaire. H.Q.

* Henry Quinson est traducteur de l'enquête de John Kiser, Passion pour l'Algérie, les moines de Tibhirine, version française éd. Nouvelle Cité, mars 2006, traduite et complétée par Henry Quinson, Prix des libraires Siloë.

[1] « Henry Quinson, qui a traduit et corrigé le livre, a réactualisé ses informations, sans pouvoir tenir compte de toutes celles désormais rendues publiques, ni des questions qui demeurent en suspens. Il est donc dommage que ce soit cet aspect-là du livre que l'éditeur ait choisi de mettre en avant. » Martine de Sauto, La Croix, 6 avril 2006.
[2] « Ceux qui attendraient des révélations resteront sur leur faim. [...] La publication du livre [de John Kiser] date de 2002, année de sa sortie aux États-Unis — puis en Allemagne. Depuis, des éléments nouveaux ont fait leur apparition, dont l'édition française, insuffisamment actualisée, ne se fait que l'écho lointain et parcellaire. Il faut le regretter, car différents témoignages ont été recueillis ces dernières années qui jettent pour le moins un doute sérieux sur la thèse officielle : les moines ont été assassinés sur ordre du chef des GIA, Jamel Zitouni. La vérité est probablement moins simpliste. » Jean-Pierre Tuquoi, Le Monde, 18 avril 2006.


Le nombre d’avortements recule en Allemagne

La chute du nombre des avortements, qui se vérifie depuis le début de la décennie en Allemagne, s’explique en partie par une nouvelle politique familiale, révèle le quotidien La Croix (17 juillet). « Le nombre de femmes de 15 à 45 ans qui pratiquent une interruption de grossesse est en réduction constante en Allemagne depuis 2001, selon les dernières statistiques officielles. Il s’élevait alors à 134 964 et concernait 80 femmes sur 10 000 susceptibles d’être mères. Six ans plus tard, en 2007, il était de 116 871, soit 72 femmes sur 10 000. Cette même année, 41,7 % des femmes concernées étaient mariées, contre 47,2 % en 2001. »

D’après l’enquête du quotidien, les raisons de cette baisse sont nombreuses. L’extension de la contraception ne serait pas un facteur déterminant, en raison notamment de son coût, de plus en plus élevé. En revanche, un « changement des mentalités » serait perceptible, les futures mères se sentant davantage soutenues. L’accueil de la vie est mieux partagé, et une nouvelle politique familiale a vu le jour, sous l’impulsion du ministre Ursula von der Leyen (photo) :
« Différentes mesures prévoient le développement des crèches – jusqu’à 500 000 places devraient être créées d’ici 2013 – ou la combinaison pendant un an d’une allocation parentale (67 % du salaire) et de l’allocation par enfant (154 € par mois). Autant de facteurs qui légitiment le désir de maternité et dissipent chez les futures mères la crainte du lendemain. »
L’évolution ne serait pas suffisante pour contrebalancer la chute des naissances depuis les années 1970, mais confirme que cette tendance est stoppée. Avec les exemples italiens et américains, l’expérience allemande montre que l’avortement n’est pas une fatalité.




ÉGLISE


JMJ : “Pas d’écologie sans respect de la vie”

Le pape européen en visite en Océanie l'avait promis, ses discours feraient une large place à la question écologique. Pour Benoît XVI, le respect de la nature est une exigence spirituelle, soumise aux lois de la morale humaine. Son premier discours aux jeunes rassemblés à Sydney en ce 17 juillet, dans ce monde « qui est le nôtre comme famille de Dieu », a mis au premier plan la splendeur de la création de Dieu, la loi naturelle, la protection de l'environnement. Mais, dit le pape, la juste préoccupation écologique ne se comprend pas sans une référence première à l’homme « sommet de la création » :
« La création de Dieu est unique et elle est bonne. Les préoccupations au sujet de la non-violence, du développement durable, de la justice et de la paix, de la protection de notre environnement sont d'une importance vitale pour l'humanité. Tout cela, cependant, ne peut être compris sans une profonde réflexion sur la dignité innée de toute vie humaine, de la conception jusqu'à la mort naturelle, dignité qui est conférée par Dieu lui-même et qui est, par conséquent, inviolable. »
Associée également à cette belle notion de « famille de Dieu », la « patrie spirituelle » : « La Bonne nouvelle a atteint les extrémités de la terre. Et cependant, je sais aussi qu'un bon nombre parmi vous est encore à la recherche d'une patrie spirituelle. »

L'Église comme famille, Benoît XVI avait déjà développé ce thème qui lui tient à cœur dans son livre Jésus de Nazareth. Le Saint-Père confirme en appelant tous les jeunes — et combien sont exilés ou en mal de familles — à reconnaître en l'Église leur maison ! « Personne n'est obligé de rester à l'extérieur, car depuis le jour de la Pentecôte, l'Église est une et universelle. » Lettré, Benoît XVI sait bien que (comme Jacques Chirac au Sommet de Kyoto dont le discours mémorable commençait ainsi « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs »…), l'étymologie grecque du mot « écologie » est oïkos qui signifie « la maison ». Et la maison est grande, c'est une maisonnée, un foyer, brûlant de l'amour du Christ : « Approchez-vous des bras pleins d'amour du Christ ».

Première leçon de ce voyage : si, l'Église, « une et universelle », est « la maison de tous les hommes », il faut donc clairement comprendre que le christianisme est non seulement une mondialisation mais aussi une écologie, celles-là promesses fermes d'espérance !

Pour en savoir plus :
■ Le discours d’accueil de Benoît XVI aux jeunes des XVIIIe JMJ : L’écologie ne se comprend pas sans respect de la dignité humaine




"Quand les prêtres se remuent, l'Église se bouge !"

Alors que les JMJ battent leur plein (et sans doute leur habituelle moisson de vocations), le cardinal Hummes prépare la fête du 4 août prochain, qui célèbre le saint curé d'Ars, patron des prêtres. Le préfet de la Congrégation pour le clergé adresse à tous les prêtres du monde un message reconnaissant et mobilisateur. Rappelant « l'urgence missionnaire » dans laquelle le monde contemporain postmoderne les oblige plus que jamais, évoque un paradoxe : la mission n’est pas seulement ad gentes, mais aussi
« dans les régions et les milieux dans lesquels depuis des siècles la foi chrétienne a été prêchée, implantée, et où les communautés chrétiennes se sont établies. Il s'agit de la mission, ou de l'évangélisation missionnaire, au sein du troupeau lui-même ; elle a pour destinataires ceux que nous avons baptisés mais que, pour diverses raisons, nous n'avons pas réussi à évangéliser suffisamment, ou ceux qui ont perdu leur première ferveur et se sont éloignés ».
Qualifiant les prêtres de « force propulsive », le cardinal cite l'Évangile de dimanche dernier (« Le semeur est sorti semer » Mt 13,3)…, où le Christ parle de Lui sorti du sein du Père pour nous, mais aussi de tous les prêtres et de chaque baptisé obligés à un même exode :
« Il ne se limite pas à jeter la semence par la fenêtre, mais il sort de la maison. L'Église sait qu'elle ne peut rester inerte ni se limiter à accueillir et évangéliser ceux qui la cherchent, dans ses églises et ses communautés. Il faut se lever et aller là où résident les personnes et les familles, où ils vivent et travaillent. Aller vers tous : vers les entreprises, les organisations, les institutions et les divers milieux de la société humaine. À cette mission tous les membres de la communauté ecclésiale sont appelés : pasteurs, religieux et laïcs. »
Vigoureux dans un message rempli d'espérance et de miséricorde, misant sur la grande richesse et le dynamisme des prêtres pour cette “pêche” en eaux profondes voulue par le Seigneur lui-même, l'archevêque émérite de Saint-Paul n'hésite pas à affirmer avec une familiarité sympathique : « Quand les prêtres se remuent, l'Église se bouge. »

Tout est donc dit pour qu'il se passe vraiment quelque chose en cette année saint Paul !

Pour en savoir plus :
■ Le site du diocèse de Versailles pour vivre l’année saint Paul avec la liturgie : www.anneesaintpaul.fr
Ce site est édité par le Service de formation du diocèse de Versailles, sous la responsabilité éditoriale du père Bruno Valentin.




Thierry Boutet,
Philippe de Saint-Germain,
avec Hélène Bodenez, François de Lacoste Lareymondie
et Henry Quinson.






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