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| Décryptage |
| 09 mai |
Actualité
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Le Fil de la semaine
Fondation de Service politique
À propos du Tibet, Chantal Delsol et l’exception chinoise ; Le message de libération de Notre-Dame-du-Laus ; Pentecôte : l’histoire du Veni Creator … voici le “Décryptage” express de la semaine qui vient de s’écouler, par la Fondation de Service politique.
 Semaine précédente |
FRANCE
Un consortium de recherche sur les cellules souches adultes
■ Près de 200 participants internationaux sont attendus à la Journée de lancement de Novussanguis, mercredi 14 mai prochain à l’École de médecine (Université Paris-Descartes). Créé à l’initiative du Centre de recherche sur le sang de cordon de l'Université de Newcastle et de la Fondation Jérôme-Lejeune à Paris, le consortium international Novussanguis se consacre au développement de la recherche sur les cellules souches adultes et issues de sang de cordon en fédérant plusieurs laboratoires essentiellement européens.
À ce jour, plus de 80 maladies sont traitables grâce aux cellules souches adultes et/ou issues du sang de cordon : maladies liées au système sanguin (leucémies) ou immunitaire (bébé bulle), mais aussi pathologies touchant la moelle osseuse, le système nerveux, le cœur, le métabolisme comme dans le diabète juvénile, la cécité, etc.
Le lancement est placé sous le patronage de M. Hans-Gert Pöttering, président du Parlement européen, et parrainé par le ministère de la Recherche français. Interviendront lors de cette journée le Dr Nico Forraz et le Pr. Colin McGuckin, de la chaire en médecine régénérative du Centre de recherche sur le sang de cordon à l’Université de Newcastle, Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme-Lejeune, les responsables de laboratoires membres du consortium : les Pr. David T. Harris (Université de l’Arizona), Philippe Hénon (IRHT Mulhouse), Lorenza Lazzari (Fondazione Ospedale Maggiore) ainsi que le Pr. Eliane Gluckman, présidente d’Eurocord (Hôpital Saint-Louis).
Life parade : un “tifo” pour l'amour durable
■ La jeune équipe de la Life Parade mobilise régulièrement les jeunes militants pro-vie autour d’un événement marquant. Délaissant le traditionnel défilé festif, elle propose cette année un rassemblement visuel avec 600 figurants : un “tifo”. De quoi s’agit-il ? À l’origine, un tifo est une animation de foule faite par des supporters pour encourager leur équipe. Les participants au tifo, chacun portant une couleur bien définie, se placent côte-à-côte de manière à former un logo, un symbole ou des mots. Le symbole apparaît plus clairement vu du ciel.
La Life Parade 2008 aura lieu le 17 mai, au parc de Saint-Cloud. Son objectif est triple : inciter chacun à s’engager dans un amour et une sexualité respectueuse d’eux même et de l’autre ; proposer des solutions pour un développement durable de l’amour dans la fidélité et le don mutuel et permettre aux jeunes de s’engager grâce à un concept original et innovant.
Pour en savoir plus :
■ Inscrivez-vous dès maintenant pour avoir la chance de compter parmi les 600 figurants
INTERNATIONAL
Chantal Delsol et l’exception chinoise
■ Chantal Delsol vient d’être reçue à l’Académie des sciences morales et politiques. À propos de la Chine, « qu’on assimile hâtivement à une dictature », elle rappelle les Occidentaux aux réalités [1]. Dans le Figaro du 29 avril, la philosophe s’interroge : Faut-il boycotter les pays qui ne nous ressemblent pas ? À « dictature », elle préfère le mot d’« autocratie » et dit du régime chinois « historiquement bien connu », qu’il « considère le gouvernant comme un père, les gouvernés comme des gens immatures qu'il faut mener à la vertu préalablement définie, avec bonté et fermeté ».
Ce régime a deux millénaires, application autoritaire qu’il est d’un confucéisme dénaturé par le besoin d’imposer l’ordre que le Chinois n’aime pas, dans un pays immense à la population innombrable. Chantal Delsol parle encore de société « holiste », ce qu’est peu ou prou toute société traditionnelle. Selon « les convictions anthropologiques chinoises », « l'individu n'y existe vraiment comme valeur que dans son groupe, sans lequel il perd sa signification ». Les solidarités confucéennes, les vraies, militent dans ce sens, nul n’ayant de droits, chacun des devoirs qui, s’ils sont assumés par tous, procurent leur « dû » à tous. Cela limite, comme le respect accordé à l’expérience, le présupposé d’« immaturité », l’amplitude des devoirs est relative aux moyens des uns et des autres. Sutor, ne supra crepidam n’est pas du chinois et Confucius dit : « On ne peut confier de grandes choses à l’homme de peu, mais on peut l’apprécier dans les petites ».
Chantal Delsol l’affirme, « on ne peut pas identifier un totalitarisme à une autocratie ordinaire. La différence est de nature. Le communisme (comme le nazisme, d'une autre manière) répondait à une volonté utopique de refaçonner autrement le monde humain. Refaire l'homme, ou, comme aurait dit Rousseau, le “renaturer” » Elle dénonce « une idée profondément terroriste parce que destructrice de réalité ». Cet homme « renaturé » l’ambitionnait aussi un certain Mao Zedong à qui un large Occident voluptueusement aveugle trouvait mille vertus et dont la Chine préfère oublier l’ère l’effroyable. N’en déplaise à certains, « la Chine est un monde culturel, fondé sur des convictions morales souvent bien proches des nôtres, et sur des sagesses qui […] proposent des réponses aux douloureuses questions du tragique de la vie ». Or « si les expressions de sa politique nous apparaissent cruelles, c'est que son anthropologie diffère de la nôtre ».
Tout est dit ? Pas encore ! Comme avec les nègres de naguère, ces « primitifs », sujets aujourd’hui de « civilisations premières », nous voulons plier les Chinois à notre vision du monde. Chantal Delsol juge « à la fois prétentieux et injuste d'ostraciser toute culture qui récuse notre modèle », condamne la tendance à « identifier notre particularité à l'universel », à « ne plus supporter aucune différence ». Vanité primaire, infantile ! Elle mène à mêler « les criminels avérés et les dissemblables mystérieux », revient à « mettre dans le même sac le holisme et le totalitarisme ». Au nom de la liberté, du respect d’autrui ?
La Chine se nomme Zhonghua, « Éclat central », « Éclat constant », croit depuis trois mille ans être la manifestation la plus évoluée du genre humain. Fait-elle la leçon aux autres longtemps regardés comme des barbares ? Si elle juge normal qu’ils tentent de s’assimiler à elle, jamais elle n’a songé à imposer ce qui faisait à ses yeux cet « Éclat ». Elle « n'a aucun complexe, parce qu'elle se sent détentrice d'une vision du monde tout autant humaine et légitime », précise Chantal Delsol qui insiste : « Mettant l'accent sur les valeurs asiatiques, la déclaration de Bangkok de 1993 confirme sa conviction de l'universalité des droits de l'homme, mais insiste pour affirmer la diversité de son interprétation, dans des contextes culturels et historiques différents ». C’est nous qui soulignons. Qui donc des Asiatiques ou des Occidentaux voit la réalité en face ? Eux, pas nous. Or « tout progrès du savoir procède de l’examen des réalités » – Confucius encore, La Grande Étude. X.W.
[1] Nous ne saurons trop conseiller à qui partagera l’analyse de Chantal Delsol de se reporter à l’ouvrage (300 p.) que vient de publier Martine Bulard, Chine Inde, La course du dragon et de l’éléphant, Fayard, 2008. Journaliste au Monde diplomatique, Martine Bulard, entre autres libertés, n’hésite pas s’interroger, après François Jullien, sur l’Occident et « sa prétention à enseigner comment vivre partout et pour tous » (p. 211).
ÉGLISE
Mois de Marie : le “nouveau printemps du Rosaire”
■ Le samedi 3 mai, premier samedi du “mois de Marie”, Benoît XVI a dirigé la prière du rosaire à Sainte-Marie-Majeure (photo : Notre-Dame-du-Laus). Alors que débute la grande neuvaine de l'Église, le pape s'est souvenu avec émotion des mois de mai de sa jeunesse : “Dans l'expérience des personnes de ma génération, en effet, les soirées de mai rappellent de doux souvenirs liés aux rendez-vous vespéraux d'hommage à la Sainte Vierge. Comment, en effet, ne pas se rappeler de la prière du rosaire dans la paroisse, dans les cours intérieures des maisons et dans les rues des villages ?”
Loin de tout regret pourtant, le Pape a voulu rappeler la modernité de cette prière ancienne : “Nous confirmons ensemble aujourd'hui que le rosaire n'est pas une pratique reléguée au passé, comme une prière d'un autre temps à laquelle on pense avec nostalgie. Le rosaire connaît en revanche un nouveau printemps. C'est sans aucun doute un des signes les plus éloquents de l'amour que les jeunes générations nourrissent pour Jésus et pour sa mère Marie." La dynamique de la prière du rosaire produit l'antidote et les anticorps nécessaires dans un monde déconstruisant chaque jour un peu plus l'homme. Et elle ne rebute pas les jeunes : “Dans le monde actuel qui est si fragmenté, cette prière nous aide à placer le Christ au centre, comme le faisait la Vierge, qui méditait intérieurement tout ce qui se disait sur son Fils, et ensuite ce qu'Il faisait et disait. Quand on récite le chapelet, on revit les moments importants et significatifs de l'histoire du salut ; on parcourt de nouveau les différentes étapes de la mission du Christ. Avec Marie, on tourne son cœur vers le mystère de Jésus. On place Jésus au cœur de notre vie, de notre temps, de nos villes, à travers la contemplation et la méditation de ses saints mystères de joie, de lumière, de douleur et de gloire.” Le pape insiste sur l'aide vitale de Marie qui irrigue la société, la purifie “de si nombreuses forces négatives en l'ouvrant à la nouveauté de Dieu”. Conseillant les fidèles, le Saint-Père a parlé en pasteur : “Le Rosaire, quand il est prié de manière authentique, non d'une manière mécanique et superficielle, mais profonde, apporte en effet la paix et la réconciliation. Il contient en lui-même la puissance qui guérit du très saint Nom de Jésus, invoqué avec foi et amour au centre de chaque Ave Maria.” (Source : Zenit, 6 mai 2008). H.B.
Le message de Notre-Dame du Laus
■ L’Église reconnaît officiellement le caractère surnaturel des apparitions du Laus (Hautes-Alpes). Comme il est d’usage, c’est l’évêque du lieu (Gap) qui s’est prononcé. La reconnaissance a été proclamée par Mgr di Falco dimanche 4 mai, en présence notamment de Mgr Fortunato Baldelli, nonce apostolique en France représentant le pape Benoît XVI, et d'une trentaine de cardinaux et d'évêques du monde entier, signe de l'importance de l'évènement pour l'Église universelle. Étaient également présents Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille et Hubert Falco, représentant le gouvernement.
Pour juger du caractère surnaturel d’une apparition, l’Église regarde notamment les fruits spirituels de l’évènement, mais pas seulement : la sainteté des voyants et leur obéissance aux autorités ecclésiastiques est une condition sine qua non. Qui mettrait en doute aujourd’hui les vertus de Bernadette de Lourdes ou des enfants de Fatima ? C'est à une bergère, Benoîte Rencurel, qu’est apparue la Vierge Marie, en 1664, jusqu'à la fin de la vie de la voyante, en 1718. Elle fut membre du Tiers-Ordre dominicain, et se dévoua toute sa vie aux pèlerins qui se rendirent au Laus. Son procès de béatification est en voie d’achèvement.
Quel est le message de Notre-Dame-du-Laus ? Le site officiel du sanctuaire résume l’appel de Marie au Laus comme un message de libération : “J’ai demandé le Laus à mon Fils et il me l’a accordé”
Depuis les premières prédications du Christ, l’exigence de conversion continuelle accompagne la marche de l’Église. Les chrétiens doivent en entendre régulièrement l’appel. La “grâce du Laus” est de rendre la démarche de conversion plus aisée et plus complète, en particulier dans le sacrement du pardon, la confession. Ce que Marie a appris à Benoîte demeure valable aujourd’hui : on ne se convertit vraiment qu’en étant encouragé par la douceur de la miséricorde. La présence maternelle de la Mère de Dieu agit en ce sens avec une force palpable. C’est pourquoi on aime l’appeler ici : “Refuge des pécheurs”.
“Elle a destiné ce lieu pour la conversion des pécheurs”
C’est d’abord entendre l’appel à la conversion. D’une manière soudaine, inattendue, ou parce qu’on sent que c’est l’heure, que le temps est venu de mettre de l’ordre dans sa vie, de donner davantage de place à la Lumière, à Dieu, au Christ, au Bien, aux autres. On peut aussi ressentir qu’il devient indispensable de donner le pardon à quelqu’un, ou de se libérer d’une faute du passé qui nous pèse, et qu’on avait du mal à regarder en face. L’heure est venue de s’en défaire dans l’aveu sacramentel et libérateur.
Puis, sûr de la grâce de Dieu et de sa miséricorde, c’est laisser derrière soi ce qui fait obstacle au chemin de Lumière et d’Amour, pour “repartir du Christ” (cf. Jean-Paul II, Lettre apostolique “Au début du nouveau millénaire”) avec l’aide de son Esprit. Aujourd’hui encore, les témoignages de grâces de conversion ne manquent pas, comme ceux qui abondèrent au siècle de Louis XIV, du jansénisme et des guerres de religion. Le philosophe Jean Guitton voyait dans le message de Notre-Dame-du-Laus “un des ressorts les plus cachés et les plus puissants de l’histoire de l’Europe”.
Pour en savoir plus :
■ Le site officiel du sanctuaire Notre-Dame-du-Laus
■ Un livre de référence :
René Humetz, Enquête sur les parfums de Notre-Dame-du-Laus, Editions du Jubilé, mai 2008, 320 p., 17 €
Pentecôte : l’histoire du Veni Creator
■ La Fraternité monastique propose une retraite préparatoire à la Pentecôte sur le Net autour du Veni Creator. Chaque soir, le retraitant inscrit reçoit une homélie proposée à sa méditation et un chant à écouter avec les paroles, pour s’ouvrir à la grâce de la venue de l’Esprit-Saint, en puisant aux richesses de la Tradition et de l'Écriture sainte : chaque jour nous permettra de méditer une strophe de l'hymne à l'Esprit Saint, le Veni Creator Spiritus.
Le prieur de la fraternité, le Fr. Pierre-Marie Delfieux, ouvre la retraite en présentant l’histoire du Veni Creator Spiritus : « C’est une très ancienne invocation à l’Esprit Saint que l’on attribue à un moine et théologien du temps de Charlemagne : Raban Maur (environ 780-856). Abbé de son monastère de Fulda en 822, il est appelé à l’épiscopat, à la tête de l’Église de Mayence, en 847. Mais Raban Maur est avant tout un vrai moine en ce sens qu’il est sans cesse plongé dans la sainte Écriture d’où il tire toute sa science. Il ne nous sera donc pas difficile de faire le lien entre son texte et le texte biblique.
Composé en sept strophes de quatre stiques, le Veni Creator se prête aisément à une retraite de sept jours : on lira, commentera et priera une strophe chaque jour de la retraite qui nous conduira jusqu’à la fête de Pentecôte. La structure même de la prière divisera notre parcours en deux temps :- Une première partie plus théologique, orientée vers la contemplation du mystère de Dieu : l’Esprit créateur (strophe 1) ; l’Esprit rédempteur (strophe 2) ; l’Esprit sanctificateur (strophe 3).
- La deuxième partie, plus anthropologique, nous permettra d’aborder la vie dans l’Esprit : l’homme fait pour accueillir l’Esprit de Dieu (strophe 4) bien qu’inévitablement affronté au combat spirituel (strophe 5), est convié à vivre une vie nouvelle dans l’Esprit Saint (strophe 6).
La dernière strophe, lue le jour de Pentecôte, conclut le Veni Creator par une doxologie – et notre retraite dans l’action de grâces.
Pour en savoir plus :
■ Le site des Fraternités monastiques de Jérusalem
Thierry Boutet,
Philippe de Saint-Germain,
avec Hélène Bodenez et Xavier Walter
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