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| Décryptage |
| 11 janvier |
Actualité
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Le Fil de la semaine
Fondation de Service politique
La laïcité spécieuse de Françoise de Panafieu ; les tribulations de la Compagnie de Jésus ; la politique européenne de la France a-t-elle changé ? … voici le “Décryptage” express de la semaine, par la Fondation de Service politique.
 Semaine précédente |
FRANCE
IVe marche pour la vie
■ Organisée par le collectif « 30 ans ça suffit », la IVe Marche pour la Vie aura lieu le 20 janvier à Paris. L’objectif de cette coordination est de formuler publiquement et collectivement un bilan des trente années d'avortements pratiqués en France depuis la loi Veil de 1975. Plusieurs évêques ont apporté leur soutien à l’initiative : Mgr André-Louis Fort, évêque d'Orléans, Mgr Raymond Centène (Vannes), Mgr Dominique Rey (Fréjus-Toulon), Mgr Cattenoz (Avignon), Mgr Bagnard (Belley-Ars). « Trente-trois ans après la loi de 1975 dépénalisant l'avortement, écrit Mgr Rey dans son message de soutien, alors même que plus d'une femme française sur deux connaîtra ce drame dans sa vie, qu'un enfant sur quatre est aujourd'hui avorté dans notre pays, votre réflexion et votre action veulent souligner l'échec d'une politique de santé publique qui ne prend pas en compte l'accueil de la vie de l'enfant à naître. Toutes les études officielles le montrent, la propension à recourir à l'IVG en cas de grossesse non prévue est toujours plus irrésistible. Il s'agit d'un grave obscurcissement des consciences.
Basé sur le respect inconditionnel de la dignité de la personne humaine depuis sa conception jusqu'à sa mort naturelle, vos propositions pour une politique moderne d'accueil de la vie ne peuvent qu'enrichir un débat qui a toute sa place dans notre société. » ■ Rendez-vous dimanche 20 janvier 2008 à 14h30 place de la République à Paris, arrivée place de l’Opéra. Informations sur www.30anscasuffit.com
Paris : la laïcité spécieuse de Françoise de Panafieu
■ La prière des musulmans dans les rues de Paris est indigne de la capitale, selon la candidate UMP à l’élection municipale. La situation, juge Françoise de Panafieu, est « contraire aux droits puisque la voie publique est un espace laïc qui doit rester libre pour une vie de quartier normale » (Le Figaro du 4 janvier). L’argument est mauvais et dangereux : ce n'est pas au nom de « la voie publique espace laïque » qu'il faut réagir, parce qu'alors, que deviendront les pèlerinages, ou tout autre expression publique de la foi, chrétienne notamment, légitime ainsi que le stipule l'article 9 de la Convention des droits de l'homme ?
Il faut plutôt arguer que les musulmans ont le droit de vivre leur foi dignement, c'est-à-dire ailleurs que dans la rue ; que cela peut également contrevenir à l'ordre public. Bref, la promesse de Françoise de Panafieu est sans doute juste (même si elle n’est guère réjouissante, notamment avec les projets de nouvelles mosquées) mais l'argumentaire spécieux. H.B.
Sens interdit aux colonnes de Buren
■ « Restaurons le sens… plutôt que les colonnes de Buren ! » Le magazine culturel Artension s’insurge contre la gabegie de l’art officiel. La perspective d’une restauration des colonnes de Buren révolte les partisans de la liberté de l’art. Des artistes eux-mêmes lancent une pétition auprès de leurs confrères, que le directeur de la revue, Pierre Souchaud, se propose d’adresser au président de la République : « On nous annonce le coût exorbitant de la réfection des colonnes de Daniel Buren au Palais Royal : 14 millions d’euros pour l’ensemble du Palais Royal, dont environ 3,2 millions pour la cour d’honneur, dont les colonnes de Buren. À titre comparatif, la subvention donnée à l'ensemble des salons historiques est de 0,8 million d'euros.
Nous estimons que l’État a suffisamment donné à Daniel Buren et qu’il est temps aujourd’hui d’arrêter d’utiliser l’argent du contribuable pour une œuvre dont la valeur patrimoniale est incertaine.
En outre : la minimalité revendiquée de l’"outillage visuel" burenien a permis, depuis bientôt 40 ans, à un même artiste, une occupation maximale des dispositifs muséaux nationaux, de l’espace médiatique et de la pensée administrante. Cette omniprésence et cette hyper-visibilité ainsi conférées à ce seul artiste a entraîné une occultation de la richesse et de la diversité des autres expressions artistiques. Elle a ainsi causé un préjudice de reconnaissance à l’ensemble de la création française, qui équivaut à la disqualification d’un patrimoine collectif. » C’est cet aspect-là du problème, au-delà des considérations d’ordre financier, que les artistes demandent aux représentants de l’État de prendre en compte, autrement dit, pour choisir entre réfection et démolition dont les coûts respectifs sont équivalents.
Pierre Souchaud rappelle que le projet de loi sur la défiscalisation des achats d’œuvres d’art par les particuliers, proposé par la Maison des Artistes, semble plus important que celui de la restauration ou non des colonnes de Buren, « car il mettrait fin à quarante longues années de très consternante burénisation de la culture et de l’art en France, et contribuerait vraiment à la seule, nécessaire et urgente restauration : celle du sens ». A.K.Pour en savoir plus :■ Téléchargez le texte complet de la pétition du magazine Artension
Les aigreurs anticatholiques de Christine Clerc
■ Dans Valeurs actuelles du 4 janvier 2008, Christine Clerc juge « mièvre » la messe de Noël des enfants à laquelle elle a assisté. Particulièrement acide et ironisante sur le « charmant » d'un « spectacle » de deux petites filles blondes à « l'enfance préservée », petites filles « en manteau à col de velours », elle en profite pour décocher ses flèches en direction « de vieux prêtres qui chantent faux avec douceur ». Du haut de sa faconde, elle juge « languissante » l'homélie sur l'amour de Jésus qu'elle a entendue.
Tout cela n'est, en réalité, que prétexte pour caser une référence bien plaquée à René Girard et révèle un regard aussi extérieur qu'injuste sur une Église malmenée par les mêmes très vieilles rengaines. Rien de bien étonnant venant d'une journaliste aigrie par un catholicisme qu'elle ne comprend pas. Ses jugements à l'égard des prises de positions de l'Église et du pape sont systématiquement critiques.
Dans un article intitulé « Geneviève et Benoît » (Le Télégramme de Brest du 4 juillet 2005), on se souvient qu'elle n'avait pas hésité à soutenir très officiellement Geneviève Beney ordonnée « prêtre » par des femmes « évêques » sur une péniche à Lyon. Elle s'était à l'époque insurgée de l'excommunication prononcée par Benoît XVI. Ses inclinations pour le protestantisme sont connues. Dans son "carnet" du 4 janvier, Christine Clerc ne se rend-elle pas elle-même coupable de ce qu'elle reproche au catholicisme soi-disant trop soucieux de dogmes et de « détails » ? Car c'est bien à partir de « détails » et de « détails sociologiques », d'attaques ad hominem qu'elle élabore sa méchante critique.
Qui est dogmatique dans cette histoire ? H.B.
ÉGLISE
Compagnie de Jésus : “tristesse et inquiétude”
■ Les jésuites élisent leur nouveau général et s’interrogent sur leur identité, leur mission et leur… déclin. Mais les autorités du Saint-Siège ont déjà dit ce qu'elles attendent des fils de saint Ignace : davantage d'obéissance au pape et de fidélité à la doctrine.
La congrégation générale qui regroupe 226 jésuites achèvera ses discussions par une audience de Benoît XVI le 21 février, qui recevra le successeur du père Kolvenbach et les délégués des 20.000 jésuites du monde entier. Les discussions sont secrètes, mais les sujets qui fâchent sont bien connus. Au cours de l’homélie de la messe d’ouverture, le cardinal Franc Rodé, préfet de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée, a fait le point : un appel réitéré à l’obéissance, dont on imagine mal qu’elle n’exprime pas la pensée et les attentes de Benoît XVI.
D’après le vaticanologue Sandro Magister, « ce qui préoccupe le chef de l’Église, c’est l'influence des jésuites sur les orientations d’autres ordres religieux et sur la formation de prêtres et d’étudiants en théologie dans les nombreuses écoles et universités que la Compagnie dirige dans le monde entier, à commencer par l’Université pontificale grégorienne ». Extraits de l’homélie du cardinal Rodé, sélectionnés par S. Magister sur le site www.Chiesa.espresso.repubblica.it : « Je vois avec tristesse et inquiétude que chez plusieurs membres de familles religieuses le “sentire cum Ecclesia”, dont parle fréquemment votre fondateur saint Ignace, est en baisse. »
Et encore :
« Avec tristesse et inquiétude je vois aussi un éloignement croissant de la hiérarchie. La spiritualité ignacienne de service apostolique “sous le Souverain pontife” n’accepte pas cette séparation. »
Et plus loin :
« La diversité doctrinale de ceux qui à tous les niveaux, par vocation et mission, sont appelés à annoncer le Royaume de vérité et d’amour, désoriente les fidèles et les conduit vers un relativisme sans horizon. [...] Les exégètes et les experts en théologie doivent s’appliquer à collaborer pour approfondir et expliquer, sous la vigilance du magistère, les richesses que cette vérité révélée contient. [...] Ceux qui doivent veiller sur la doctrine de vos revues, de vos publications, qu’ils le fassent à la lumière et selon les règles pour “sentire cum Ecclesia” avec amour et respect. » P.S.G.
L’archevêché de Paris en effervescence
■ Le service de la communication de l’archevêché de Paris annonce deux grands rendez-vous : les traditionnelles conférences de Carême à Notre-Dame, et le lancement par le cardinal Vingt-Trois d’un Festival de la Charité. Les conférences de carême auront pour thème : « Qui dites-vous que je suis ? » (Matthieu, chapitre 16) : - Dimanche 10 février 2008
M. Claude Lepelley (historien) et P. Rafic Nahra (bibliste)
- Dimanche 17 février 2008
M. Jean de Loisy (Conservateur, spécialiste de l’art contemporain) et M. Benoît Chantre (éditeur)
- Dimanche 24 février 2008
M. François Villeroy de Galhau (chef d’entreprise) et P. Edouard Herr (théologien)
- Dimanche 2 mars 2008
M. Maurice Godelier (anthropologue) et Mgr Jérôme Beau (théologien)
- Dimanche 9 mars 2008
M. Fabrice Midal (philosophe, enseigne le bouddhisme) et M. Rémi Brague (philosophe)
- Dimanche des Rameaux 16 mars 2008
Conclusion des conférences, par le cardinal André Vingt-Trois
Entrée libre - Vêpres à 17h45 – Messe à 18h30.
Le texte des conférences sera en librairie à partir du 9 mars, publiée aux éditions Parole et Silence.
Informations, podcasts et compte-rendus sur www.catholique-paris.com
Le Festival de la Charité aura lieu du 28 janvier au 5 février 2008. Celui-ci poursuit plusieurs objectifs : - Permettre des échanges entre les acteurs de la charité dans les paroisses, en particulier aider les générations à travailler ensemble dans la diversité de leur approche de la solidarité.
- Partager expériences, difficultés et espérance dans une démarche œcuménique, interreligieuse ou dans les échanges avec d’autres partenaires non croyants
susciter l’engagement d’un plus grand nombre de personnes.
- communiquer avec les habitants du quartier.
- Découvrir les nouvelles formes de pauvretés présentes à Paris.
- Mettre en œuvre des moyens pour les soulager.
Le programme détaillé du festival est disponible sur www.festivaldelacharite.org
INTERNATIONAL
La politique européenne de la France a changé
■ Le secrétaire d'État aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, se déclare favorable à l’élargissement de l’UE. Au Financial Times le ministre annonce que la France est favorable à l’élargissement de l’Europe et qu’elle soutiendrait « une éventuelle intégration des États des Balkans, y compris la Serbie ». La Bosnie et la Croatie cherchent en effet à adhérer à l'UE.
Rappelons que l'Albanie et le Monténégro ont le soutien de la Grèce. Quant à la Roumanie et la Bulgarie, elles sont membres depuis le 1er janvier 2007.
Les raisons que donne l’ancien collaborateur de Jacques Delors et directeur-adjoint du cabinet de Lionel Jospin, et qui fut proche de François Hollande et de Ségolène Royal, ses anciens condisciples de l’ENA, sont assez étonnantes. Selon lui, « la position française sur l'Europe a changé depuis que les Français ont rejeté par référendum en 2005 le projet de Constitution… Nous pensions qu'une Europe fédérale était nécessaire pour une plus grande intégration dans l'Union et que l'élargissement entraverait cela et empêcherait l'Europe de fonctionner efficacement. Nous avons maintenant dépassé cette vision ». L’interprétation du vote des Français au référendum n’a pas empêché l’adoption d’un traité fort peu modifié, mais la déclaration de Jouyet signe peut-être une évolution positive dans la réflexion sur l’identité de l’Europe. À suivre. T.B.
Chine : persécutions antifamiliales
■ La presse française (le Figaro, le Monde, Libération) fait état de violentes discriminations chinoises à l’égard des pères de famille nombreuse… Genethique.org signale que « dans la province de Hubei, le Parti communiste chinois vient d'exclure de ses rangs 500 membres, de renvoyer 395 personnes de leur poste et de déchoir 7 parlementaires pour avoir enfreint la règle de l'enfant unique. »
La diplomatie de Benoît XVI
■ Dans son discours du 7 janvier au Corps diplomatique, le pape s’est livré comme il est de coutume à un vaste tour d’horizon international. Extraits.
Sur la Palestine : « Je suis heureux que la Conférence d'Annapolis ait donné des signes dans la voie de l'abandon du recours à des solutions partielles ou unilatérales, au profit d'une approche globale, respectueuse des droits et des intérêts des peuples de la région. Je fais appel, une fois encore, aux Israéliens et aux Palestiniens, afin qu'ils concentrent leurs énergies sur la mise en application des engagements pris à cette occasion et qu'ils n'arrêtent pas le processus heureusement remis en route. J'invite en outre la communauté internationale à soutenir ces deux peuples avec conviction et avec compréhension pour les souffrances et les craintes de chacun d'eux. » A propos du Liban : « Je souhaite que les Libanais puissent décider de leur avenir librement et je demande au Seigneur de les éclairer, à commencer par les responsables de la vie publique, afin que, mettant de côté les intérêts particuliers, ils soient prêts à s'engager sur le chemin du dialogue et de la réconciliation. C'est seulement ainsi que le pays pourra progresser dans la stabilité et être à nouveau un exemple de convivialité entre les communautés. » Irak : « En Irak aussi, la réconciliation est une urgence. Actuellement, les attentats terroristes, les menaces et les violences continuent, en particulier contre la communauté chrétienne, et les nouvelles qui sont parvenues hier confirment notre préoccupation. Il est évident que le nœud de certaines questions politiques reste à trancher. Dans ce cadre, une réforme constitutionnelle appropriée devra sauvegarder les droits des minorités. D'importantes aides humanitaires sont nécessaires pour les populations touchées par la guerre. Je pense en particulier aux personnes déplacées à l'intérieur du pays et aux réfugiés à l'étranger, parmi lesquels se trouvent de nombreux chrétiens. » Iran : « Je désire aussi exprimer mon encouragement afin que l'on continue à poursuivre sans relâche la voie de la diplomatie pour résoudre la question du programme nucléaire iranien, en négociant de bonne foi, en adoptant des mesures destinées à augmenter la transparence et la confiance réciproques, et en tenant toujours compte des authentiques besoins des peuples et du bien commun de la famille humaine. » Pakistan et Afghanistan : élargissant son analyse, Benoît XVI a évoqué le continent asiatique. « Je voudrais attirer votre attention sur quelques autres situations de crise. Sur le Pakistan, en premier lieu, qui a été durement frappé par la violence durant les derniers mois. Je souhaite que toutes les forces politiques et sociales s'engagent dans la construction d'une société pacifique, qui respecte les droits de tous. En Afghanistan, à la violence s'ajoutent d'autres graves problèmes sociaux, comme la production de drogue ». Afrique : le pape a redit sa préoccupation pour le Darfour et le Kenya. Il a voulu aussi rappeler que « la Somalie, en particulier Mogadiscio, continue à être affligée par les violences et la pauvreté. Je fais appel -a-t-il ajouté- aux parties en conflit afin que cessent les opérations militaires, que soit facilité le passage de l'aide humanitaire et que les civils soient respectés ». Europe : « Terminant par l'Europe, je me réjouis des progrès accomplis dans différents pays de la région des Balkans et j'exprime encore une fois le souhait que le statut définitif du Kosovo prenne en compte les légitimes revendications des parties en présence et qu'il garantisse sécurité et respect de leurs droits à tous ceux qui habitent cette terre, afin que s'éloigne définitivement le spectre des confrontations violentes et que soit renforcée la stabilité européenne. »
Quant à l'Union européenne elle-même, le Saint-Père a assuré ses hôtes qu'il suivait « attentivement la période qui s'ouvre avec la signature du Traité de Lisbonne. Cette étape relance le processus de construction de la maison Europe, qui sera pour tous un lieu agréable à habiter seulement si elle est construite sur une solide base culturelle et morale, sur les valeurs communes que nous tirons de notre histoire et de nos traditions, et si elle ne renie pas ses racines chrétiennes ». À noter que l’on attend pour les mois qui viennent la troisième encyclique de Benoît XVI sur les questions sociales (mondialisation, environnement) et un discours important à l’ONU le 18 avril.
Thierry Boutet,
Philippe de Saint-Germain,
avec Hélène Bodenez et Aude de Kerros
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