2e méditation : Prier pour mieux agir

Chaque semaine, Liberté politique relaie la méditation de la semaine de la Neuvaine pour la France. Aujourd’hui, deuxième méditation avec un texte de l'abbé Pierre-Hervé Grosjean, secrétaire général de la Commission Ethique et politique du diocèse de Versailles : "La prière appelle l’action et lui donne sa fécondité profonde".

AbGrosjean

IL PEUT PARAITRE ETONNANT de mobiliser les chrétiens pour prier, alors qu’il y a tant à faire pour notre pays ! N’est-ce pas d’abord l’engagement concret au service de l’emploi, de l’accompagnement des plus pauvres ou des plus fragiles qu’il faudrait privilégier ? Ne faudrait-il pas surtout appeler les chrétiens à s’engager en politique, dans le domaine de l’éducation ou de la culture ? Que chacun trouve un engagement associatif au service du bien commun ?

Il est vrai que la prière peut être une fuite, si elle s’apparente à un renoncement : « Tout est foutu, s’engager en politique ou ailleurs ne sert plus à rien, il n’y a plus que la prière… » Ce langage défaitiste n’est pas chrétien, ni cette vision de la prière. La prière authentique n’a jamais fait renoncer à l’action ceux qui sont appelés à servir au cœur de ce monde.

Mais inversement, il serait aussi fou de se jeter à corps perdu dans l’action, en imaginant que tout dépend de nous, et de nous seuls. Le tourbillon de l’activisme n’est pas non plus chrétien, car l’homme ne se suffit à lui-même. L’activisme apporte de graves déconvenues et le découragement devant nos limites humaines. Sans doute avons-nous mené nombre de nos combats ou de nos engagements de façon trop humaine…

La prière appelle l’action. La prière se conjugue à l’action. La prière nourrit l’action et lui donne sa fécondité profonde.

Résister à l’exil intérieur

Prier nous fait partager les sentiments du Christ. Prier pour notre pays va peu à peu transformer notre regard sur son histoire, sur ses habitants, sur sa vocation. Résistant à toute tentation de découragement ou d’exil intérieur, nous allons approfondir notre amour et notre espérance pour ce pays, pour nos frères et sœurs qui vivent à nos côtés. Ce pays nous est confié comme lieu de mission et de service : « Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais […]. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. » (Jn 17, 15..18).

Prier nous fait comprendre que rien ne peut nous faire déserter l’engagement et le service de notre pays !

Entre les mains de Dieu

Prier nous rappelle aussi que tout est entre les mains de Dieu. Il ne veut rien faire sans nous, et nous ne pouvons rien faire sans Lui. Prier nous gardera ainsi humbles dans nos engagements. Ne croyons pas que nous sauverons la France par nous-mêmes ! Mais ne croyons pas non plus que Dieu agira sans nous … « Si je trouve dix justes… » (Gn 18,32). Sainte Jeanne d’Arc avait bien compris cela : « Les hommes d’armes batailleront, et Dieu donnera la victoire ! » Sa vie résume si merveilleusement combien l’action de Dieu et l’engagement humain peuvent et doivent se conjuguer pour le bien d’un pays.

Prier enfin nous donne l’assurance que nos engagements, remis entre les mains de Dieu, seront féconds d’une façon ou d’une autre. Au-delà des épreuves, des succès et des échecs humains apparents, Dieu ne cesse d’agir et peut tout faire contribuer au bien de ceux qu’Il aime. Voilà la source de notre paix intérieure, au cœur même des tempêtes que peuvent nous apporter nos engagements.

Prier ou agir ? Non. Prier pour mieux agir !

Abbé Pierre-Hervé Grosjean

 

Illustration : Henri Chapu (1833-1891), Jeanne d'Arc à Domrémy, détail.

Chaque semaine, Liberté politique relaie la méditation de la semaine de la Neuvaine pour la France.

 

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