VIDEO | Emmanuel Guépin, membre du comité de soutien à Vincent Lambert, dont il est un ami d'enfance, raconte sa visite à Vincent le 5 juin, dans l'après-midi qui suit la décision de la Cour européenne des droits de l'homme, validant la décision du Conseil d'Etat autorisant l'arrêt des soins. On le voit cligner des yeux en entendant la voix de sa mère, suivre son frère du regard, et déglutir, ce qu'il ne faisait plus il y a quelques semaines.

Le lobby euthanasique tétanisé

[Mis à jour, 10/06/15, 18h30] Aussitôt diffusée, la vidéo a fait le buzz, et provoqué l'embarras des partisans de l'euthanasie de Vincent Lambert, forts de l'interprétation donnée par la CEDH aux "ouvertures" de la loi Claeys-Leonetti pour ôter la vie légalement aux malades en fin de vie. Le problème est que justement, la preuve en image circule désormais partout : Vincent n'est pas en fin de vie.

Avec mépris, Le Monde écrit : "La vidéo est devenue incontournable sur les sites catholiques conservateurs." Le but est de la discréditer. Le Dr Kariger, le médecin qui a tenté par deux fois d'arrêter les soins de Vincent Lambert pour le faire mourir, parle de "manipulation". Mais les images parlent, et elles sont terriblement puissantes. Arrêter les soins désormais, autrement dit euthanasier Vincent Lambert en le faisant mourir discrètement de soif et de faim, alors qu'il apparaît comme un comateux bien réactif, va devenir plus difficile.

Flouter la souffrance

D'où la mobilisation pour neutraliser le document. Il est éloquent de voir les images floutées de la vidéo reprises dans les médias pour illustrer la polémique. Objectif : montrer que la délicatesse n'est pas du côté des amis de Vincent qui veulent le protéger, ces impudiques qui dévoilent, de façon "obscène", un homme dont la vie est dans les mains d'une poignée de personnes que la société a désigné légalement pour le supprimer, mais de l'autre.

Terrible témoignage d'une société qui veut maîtriser la vie et la mort en cachant la souffrance. Et la mise à mort légale, dans le silence des procédures... par "sédation profonde et continue".

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a annoncé avoir été saisi. "Le conseil regarde ce sujet délicat avec la plus grande attention et dans des délais rapides", a indiqué le CSA  sans préciser par qui il avait été saisi ni pour quel motif. Quand on se souvient de l'avis du même CSA condamnant le court-métrage de la Fondation Jérôme-Lejeune "Chère future maman" montrant de jeunes trisomiques s'adressant à des mamans attendant des enfants atteints de trisomie 21, on a de quoi s'inquiéter.

Une fois de plus, la liberté d'expression est soumise à rude épreuve dans notre pays. Cette fois-ci, il s'agit d'une vie.

Philippe de Saint-Germain

 

Rejoignez le comité de soutien de Vincent Lambert : www.jesoutiensvincent.com

Lire aussi :
L'analyse de Gregor Puppinck sur l'avis de la CEDH

 

 

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