[MUNICIPALES] Marine Le Pen maintient sa fervente opposition à l’union (locale) des droites

Source [Atlantico] Marine Le Pen a déclaré vouloir prouver la capacité de rassemblement du RN en soutenant la candidature aux municipales de l'ex-président LR de l'Hérault à Sète. Elle a pourtant démenti toute prise de position en faveur de l'union des droites.

Atantico : Le soutient de Marine le Pen à Sébastien Pacull n'était-il pas seulement conjoncturel, expliquant ce qui aussi s'apparenter à un revirement éclair ?

Guillaume Bernard : Il me semble qu'elle s'enferre par son démentis dans sa stratégie du ni droite ni gauche. Pour autant, le RN est confronté a une vraie difficulté pour présenter des listes aux municipales. Il a de nombreux électeurs mais très peu de candidats, d'élus et de collaborateurs d'élus... Elle doit donc consentir à porter son soutien à d'autre listes non RN sans pour autant accepter l'idée d'une unité de la droite.

La stratégie du RN n'est-elle pas en définitive plus portée sur la prédation de l’électorat et des élus LR ? Etant donné la fragilité actuelle de ce dernier, n'est-ce pas une stratégie potentiellement plus payante ?

Je crois que le RN aurait tout intérêt d'essayer de capter l’électorat et les élus locaux de droite qui refusent la convergence Macron, étant donné que les digues psychologiques sont tombées. Maintenant elle fait partie de ce personnel politique, à l'image de Nicolas Dupont-Aignant, qui confond l'union avec la fusion/absorption. Dans cette optique, elle veut des ralliés et non pas des alliés. Et c'est toute la limite de sa stratégie.  Elle parie effectivement sur le l'implosion à moyen terme de LR. Mais elle sait aussi qu'elle n'est pas nécessairement la candidate naturelle à droite. A ce titre, le fait qu'elle se soit annoncée comme candidate pour 2022 si tôt est selon moi le signe d'une certaine fébrilité. Dès lors, sa prise de position à Sète m’apparaît plus comme un cas d’espèce plus qu'un revirement dans sa stratégie. Quand à l’implosion de LR, c'est effectivement une possibilité. Il faut toutefois rester prudent : c'est un parti qui a encore beaucoup d'élus locaux. S'il aura certainement des difficultés avec la présidentielle, en revanche, les élections locales peuvent être un moyen de survie pour ce parti. En tout état de cause il ne va pas disparaître tout de suite.

Derrière la question des élus qui peuvent ou non vouloir trouver des accords avec le RN, il demeure la question de l’électorat. Pour pouvoir l’emporter au second tour des présidentielles il faut d'abord rassembler son camp et ensuite élargir. Or comme je l'ai dit, il me semble que Marine le Pen s'enferre dans d'idée que le clivage droite/gauche a disparu. Que ce clivage ait évolué dans ses définitions intrinsèques, c'est une chose, mais le spectre politique dans un clivage droite/gauche demeure et les imaginaires qui vont avec aussi. Marine Le Pen s'imagine qu'elle peut trouver du patriotisme à droite comme à gauche. Or le logiciel idéologique de la gauche demeure internationaliste malgré les saillie patriotiques d'un Jean-Luc Mélenchon. Car la LFI n'en finit pas de se laisser tenter par la dialectique communautariste/indigéniste. Elle persiste à confondre le sociologique et l'idéologique :  certes elle peut rallier des électeurs de gauche ponctuellement, mais cela ne signifie pas que les clivages idéologiques profonds sont indépassables et cela elle ne peut le nier. 

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