[MUNICIPALES] Les marcheurs à l'arrêt...

Source [L'Incorrect] La République en Marche se délite. Son groupe parlementaire, se soumettant naguère au bon vouloir du gouvernement, semble aussi traversé par les interrogations. Départs, polémiques et disputes sont désormais le lot quotidien d’un parti créé par et pour Emmanuel Macron. Et si la principale faiblesse du Président était sa majorité ?

Souvent moqués pour leur manque d’expérience politique et leur docilité flirtant avec le sectarisme, les députés de La République En Marche ont d’abord été mal élus. Choisis à la va-vite après le blitzkrieg macronien parmi les recalés de longue date de la vie politique française, les socialistes opportunistes ayant quitté le navire avant qu’il ne sombre ou quelques hommes passés par Les Républicains ayant eu le nez suffisamment creux pour sentir le vent tourner, les députés marcheurs l’ont été par défaut. Ils ont été parfois sélectionnés de manière hasardeuse avec pour seul critère leur capacité d’obéissance et leur fidélité à un maître à qui ils doivent tout.

Prenons un exemple au hasard : Pierre Cabaré, député de La République en Marche de la première circonscription de la Haute-Garonne. Ce prothésiste dentaire toulousain n’était naguère qu’un politicien médiocre ayant perdu toutes les élections auxquelles il avait participé sous les couleurs du mouvement de Corinne Lepage ou diverses formations du centre-droit. Désinvesti le 31 mai 2017 par les marcheurs après la révélation de sa condamnation à une peine d’un an d’éligibilité en 2003, il avait déclaré à La Dépêche du Midi : « Une fois élu, je serai, à part entière, parlementaire de la majorité présidentielle pour voter les lois du programme portées par le Président et son Gouvernement. La France gardera ainsi l’élan de la réussite. »

C’est précisément ce discours formaté à mi-chemin entre la « win » du startupper expatrié aux Etats-Unis et le commissaire politique soumis qui a fini par lasser les Français. Tous les élus marcheurs, ou presque, ont tenu des propos du même acabit. Ces soutiens inconditionnels du jeune Emmanuel Macron ne seraient pas là pour lambiner mais bien pour voter à marche forcée les « réformes structurelles » dont le pays avait « tant besoin » pour se « rénover » et « accepter enfin le progrès ».

Il y a eu aussi quelques fritures sur la ligne lors de la désignation de Christophe Castaner à la tête du parti.

Pour voter, ils ont voté. De jour comme de nuit (les séances de nuit étaient autrefois l’exception), ils ont voté tout ce qu’on leur a soumis sans jamais contester ni la méthode ni le fond de la politique gouvernementale.

À une exception près extrêmement révélatrice : le projet de loi asile et immigration porté par Gérard Collomb. Ce projet a été le plus combattu par la majorité présidentielle, celui qui a suscité le plus de défiance dans les rangs. Les anciens socialistes et autres lourdingues leaders – tel que le député Aurélien Taché -, ont pour une fois fait montre de leur pleine et entière détermination : ne pas toucher au sacro-saint immigré étant peut être le seul tabou des temps pour les élites médiatiques. Il y a eu aussi quelques fritures sur la ligne lors de la désignation de Christophe Castaner à la tête du parti, entraînant une centaine de départs d’élus et de militants qui avaient manifesté leur désapprobation sur les colonnes de France Info.

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