[MUNICIPALES]  Bordeaux en route pour une quadrangulaire

Source [Ouest-France] Majorité présidentielle divisée, union de la gauche et des écologistes sans la France insoumise… À Bordeaux, le deuxième tour se jouera à quatre, à l’avantage du successeur d’Alain Juppé.

Les électeurs bordelais s’apprêtent à vivre une grande première. Ils vont devoir élire leur maire au deuxième tour d’une élection municipale. Un scénario que la ville n’a pas connu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, après les règnes sans partage de Jacques Chaban-Delmas, maire pendant 47 ans, puis d’Alain Juppé, pendant 12 ans.

La ville s’est considérablement embellie sous la houlette de ce dernier, avec la construction d’un tramway et l’aménagement des quais de La Garonne. Une évolution positive qui s’est accompagnée d’une revalorisation des prix de l’immobilier, dopés par l’arrivée de la LGV en 2017, poussant les précaires à déménager.

Ce contexte explique, à la fois, l’asphyxie par embouteillages de l’agglomération bordelaise et la force du mouvement des Gilets jaunes. Il a été question d’une liste aux municipales, mais ça ne s’est pas fait. Et pour cause : Ils manifestent ici, mais n’y habitent pas vous diront les Bordelais. Ils ne votent donc pas à Bordeaux, où les candidats ont axé leurs campagnes autour de l’environnement, la mobilité, propreté, tranquillité…

Quatre candidats tiennent la corde d’après un sondage Ifop réalisé le mois dernier. Le maire sortant, d’abord, Nicolas Florian, crédité de 38 % des intentions de vote au premier tour. Soutenu à la fois par Les Républicains, le MoDem et l’UDI, il a eu le temps de se faire accepter comme le successeur légitime d’Alain Juppé, dont il a pris la suite en mars 2019. Ce n’est pourtant pas lui que LREM a choisi de soutenir à Bordeaux, mais Thomas Cazenave (13 %), ancien collaborateur d’Emmanuel Macron à Bercy. Loin derrière Pierre Hurmic, à la tête d’une liste d’union EELV-PS-PCF créditée de 30 % des intentions de vote.

L’écologiste Pierre Hurmic aurait pu avoir ses chances au second tour sans la concurrence de Philippe Poutou. L’ancien candidat trotskiste du Nouveau parti anticapitaliste à la présidentielle de 2012 et de 2017 et ancien syndicaliste à l’usine Ford de Blanquefort a fait alliance avec la France insoumise. Sa liste NPA-LFI pourrait récolter 11 % des voix au premier tour. Voire devancer le LREM Thomas Cazenave, en perte de vitesse. L’un comme l’autre ne cessent de répéter qu’ils se maintiendront au second tour si leur score au premier le leur permet (plus de 10 % des suffrages exprimés). Ce qui devrait donner lieu à une quadrangulaire à Bordeaux. Et assurer l’élection du maire sortant, Nicolas Florian.

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