Ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine insiste sur les 90 milliards de déficit enregistrés durant le précédent quinquennat, annonce des « réformes structurantes volontaristes [1] », cite les deux mesures onéreuses qui ont été décidées (augmentation de l’allocation de rentrée scolaire et extension du dispositif de départ en retraite anticipé pour carrière longue), en annonce d’autres (une augmentation des dépenses de santé), parle d’un « travail à remettre sur le métier » en matière de retraites, mais laisse au ministre délégué au budget le soin d’annoncer les mesures désagréables.
Celui-ci, Jérôme Cahuzac, après un nouveau couplet sur l’héritage déplorable en matière de comptes de la sécurité sociale, annonce en faveur de la sécurité sociale un accroissement de la taxation des produits financiers et des éléments de rémunération actuellement peu imposés.
Enfin, Dominique Bertinotti, ministre délégué à la famille, précise que la branche dont elle a la responsabilité restera fidèle au principe d’universalité des prestations familiales mais contribuera à la réduction des déficits.
Il ressort de cette conférence de presse que le gouvernement entend faire des économies sur les prestations familiales (sauf l’allocation de rentrée scolaire) mais plutôt augmenter les autres dépenses de sécurité sociale. Comment les impôts supplémentaires annoncés suffiront-ils à financer à la fois un supplément de dépenses et une réduction du déficit ? Marisol Touraine n’a pas dit, comme jadis Nicole Questiaux (son homologue dans le premier gouvernement Mauroy, en 1981), « je ne serai pas le ministre des comptes », cela aurait fait désordre dans une conférence de presse tenue à l’occasion de la présentation des comptes de la sécurité sociale, mais elle donnait l’impression de le penser très fort.
Jacques Bichot
[1] Voir la rubrique consacrée au volontarisme dans Les enjeux 2012 de A à Z : de droite comme de gauche, le volontarisme est à la volonté ce que l’islamisme est à l’Islam.









