Cet été www.libertepolitique.com initie avec Henri Hude une réflexion sur le sens du décideur, ses caractéristiques, ses principes et ses fondamentaux. Avec le philosophe, nous commentons chaque semaine un fait d’actualité ou nous nous livrons à une réflexion qu’inspire son livre, à lire impérativement pour comprendre les enjeux réels de l’idéologie contemporaine et les problèmes qui se posent aujourd’hui à notre société.
Dans ce septième épisode, le philosophe, après avoir énoncé les fondements de la crise et ses conséquences sociétales, développe un peu plus encore les moyens pour sortir de la crise. Pour Henri Hude, la question européenne est de première importance. L’organisation actuelle de l’Union ne peut pas garantir un avenir serein aux nations. La crise est le signe de l’échec de cette organisation telle que nous la connaissons et de la classe politique actuelle qui l’a mise en place et la soutient. L’auteur de Préparer l’avenir, une nouvelle philosophie du décideur (Economica) appelle donc à une prise de conscience des acteurs politiques et une réorientation de la stratégie nationale et européenne.
Une fracture entre le politique et la population
Comme beaucoup, Henri Hude fait le constat d’une fracture entre la compréhension de la crise par la population et la connaissance qu’en ont les politiques. Le philosophe affirme : « Il n’y aura pas de rebond possible tant que la population n’aura pas conscience de la compression qu’elle va subir ». En d’autres termes, la crise actuelle est la conséquence de l’effondrement d’un sytème politique et économique dont nous ne connaissons pour l’heure qu’une partie des effets. La sortie de la crise impliquera sans aucun doute des sacrifices démesurés tant sur le plan personnel (niveau de vie, consomation, etc…) que politique (remise en question de l’ensemble des principes et traités qui régissent notre société actuelle et nous ont conduis dans cette impasse).
Capitaliser sur l’avenir et renouveler le politique
Le philosophe tire donc la sonnette d’alarme déclarant le système en situation de « mort clinique ». Il appelle par là-même à situer toute action par rapport à l’avenir de la société ; à voir au-delà de la crise en capitalisant sur la société future. Pour cela, Henri Hude appelle de ses vœux un renouvellement de la classe politique. Renouvellement d’idées et de méthode – pour sortir de la démagogie ambiante – ou bien renouvellement des acteurs pour quémergent de nouveaux décideurs.
L’Europe au cœur du débat
Toute politique de sortie de crise doit s’interroger sur le système de remplacement qu’elle veut mettre en place. Les moyens sont divers mais quel sera le but de cette nouvelle politique, une fois que l’Europe économique et financière telle que nous la connaissons sera morte ? interroge le philosophe.
Henri Hude envisage deux scénarios possibles. Dans le premier les nations considèrent cet échec comme celui de la construction européenne et retrouvent leur entière souveraineté nationale. Elles renoncent de ce fait à avoir une réelle influence géopolitique faute de poids politique suffisant.
Dans le second, le projet de construction européenne est sauvegardé, mais ne repose plus en premier lieu sur les intérêts financiers et économiques. L’objectif des nations serait de constituer une puissance stratégique capable de s’interposer entre les deux blocs que constituent les Etats-Unis et la Chine. La donne géopolitique serait alors totalement différente et un tout autre équilibre en découlerait tant sur le plan politique qu’économique et financier. Il s’agit de « Penser la guerre pour faire l’Europe » et ainsi faire travailler les nations de concert malgré des différences culturelles et économiques irréductibles. Mais cela implique bien entendu de changer radicalement de paradigme, ce que les décideurs politiques, tant nationaux qu’européens ne semblent pas prêts à faire.
Liberté politique










Je pense qu'il ne faut pas minimiser le problème de l'islam dans le monde...