Cet été, www.libertepolitique.com initie avec Henri Hude une réflexion sur le sens du décideur, ses caractéristiques, ses principes et ses fondamentaux. Avec le philosophe, nous commentons chaque semaine un fait d’actualité ou nous livrons à une réflexion qu’inspire son livre, à lire impérativement pour comprendre les enjeux réels de l’idéologie contemporaine et les problèmes qui se posent aujourd’hui à notre société.

Dans ce troisième épisode, nous nous interrogeons sur les principes du décideur. A la fois ceux qui le fondent dans son rôle de chef et ceux qui éclairent ses décisions.

Confiance et légitimité du décideur : la loi (naturelle) de paix

A propos des principes qui fondent la légitimité du chef, nous revenons sur cette question de la confiance qui avait déjà été évoquée lors du premier épisode de cette série.

Toute société, quelle qu’elle soit, est soumise en permanence à un risque de se déliter, de se dissoudre, jusqu’à tomber, à la limite, dans un état de guerre de tous contre tous. « Le rôle du chef est de parvenir à créer autour de lui la confiance sur la base de la loi de paix », nous dit Henri Hude. C’est-à-dire que les décideurs doivent mettre en place un ensemble de règles qui permettent d’éviter la guerre, d’une manière raisonnable, à l’intérieur de la société dont ils sont responsables. Ces règles fondatrices et fondamentales, cette loi de paix, c’est ce que le philosophe nomme, d’un terme classique, la loi naturelle. De cette confiance et de cette capacité à garantir la paix, le chef tire sa légitimité.

La paix est le premier principe à la fois fondateur de la légitimité du chef et en même temps le guide de son action. Elle constitue une boussole qui oriente toutes ses décisions. Il peut en effet s’agir de la paix avec ses voisins mais encore la paix sociale, la paix entre les gouvernants et les gouvernés.

Les conditions de la paix : force et justice

Ce premier principe en suppose immédiatement deux autres. Il s’agit de la force et de la justice. La paix n’est possible que grâce à une combinaison de ces deux autres principes essentiels à l’action du décideur. La force unie à la confiance que procure la justice, voilà ce qui donne au décideur les moyens réels de son action. Elle lui confère la puissance. On conviendra qu’un chef impuissant n’est pas réellement en mesure de décider quoi que ce soit. Par ailleurs, la force, si elle est employée injustement, n’est que brutalité. C’est le meilleur moyen de faire rapidement chuter la société dans l’état de guerre dont nous parlions précédemment.

Enfin, cette combinaison de force et de justice garantit la paix si elle propose des solutions réalistes adaptées à la situation. La confiance permet l’action, dont le succès renforce la confiance, laquelle en retour renforce le pouvoir d’agir.  C’est ainsi que la loi de paix sera réellement efficace et installera réellement un peuple dans l’état civilisé, hors « état de nature ».

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