Comme l’avait promis François Hollande, le gouvernement Ayrault n’a pas perdu de temps et s’est immédiatement attelé aux dossiers dits sensibles, au premier rang desquels le départ à la retraite à 60 ans pour quelques 110 000 personnes (chiffres à minima).
Pour faire passer la pilule, Najat Vallaud-Belkacem, la porte parole du gouvernement, a tenu à souligner que cela ne représenterait en termes de coût pour les actifs que « 1,4 euro supplémentaire de prélèvement par mois pour un salarié au Smic ». A peine le prix d’un journal ou d’un café à paris précise-t-on.
L’argument masque l’importance de la dépense et sa justice en le ramenant à un chiffre dérisoire sur le plan individuel. De plus, cette présentation a le mérite de rendre très concret un dossier régulièrement débattu dans les médias et qui a la réputation d’être inaccessible aux Français en raison de sa technicité et des sommes macro-économique qu’il manipule. Le gouvernement Ayrault sera-t-il celui qui parviendra à parler simplement du problème des retraites à la population ?
Mais à trop simplifier on a vite tendance à prendre les gens pour des imbéciles. En effet, que coûte aujourd’hui un journal ou un café par mois quand on est smicard ? Najat Vallaud-Belkacem semble avec sa présentation sous-entendre que ce n’est rien. Ce sont pourtant des plaisirs qui ne sont pas accessibles à tous... Quand un budget est serré, la moindre dépense compte !
Par ailleurs, si cette nouvelle réforme du départ à la retraite à 60 ans pour une certaine classe de la population ne représente qu’un petit ruisseau, il vient grossir un fleuve important de dépenses pour faire face aux réformes sur lesquelles s’est engagé le Président Hollande. Par conséquent, ne nous arrêtons pas au seul journal mensuel que va coûter cette réforme, additionneons les nombreux cafés parisiens que le gouvernement souhaite nous forcer à consommer ! Augmentation de l’allocation scolaire, gel du prix de l’essence, garantie pour l’épargne défiscalisée d’une rémunération supérieure à l’inflation, arrêt de la RGPP, 60 000 postes dans l’éducation nationale… D’ici quelques mois à ce rythme, les Français risquent de trouver l’addition très salée.
Enfin aux coûts de ces dépenses devrait également s’ajouter celui des dépenses du gouvernement précédent. Car à détricoter les réformes passées, on fait une croix sur les économies qu’elles représentaient à long terme[1].
Antoine Besson
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[1] Cf. La France cassée par les réformes, livre et conférence de Roland Hureaux
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