Le site Cross Media Consulting évoque la perspective de la montée en puissance du journalisme web dans la campagne présidentielle à venir en 2012, année qui sera pour lui  décisive , et s'interroge en trois points sur la capacité des  desks numériques  et du  journalisme en ligne  à  se faire enfin une vraie place auprès des aînés. 

2012 sera tout d'abord l'occasion de voir à l'œuvre les  pure-players , ces médias uniquement présents sur le web, désormais bien installés dans le paysage numérique. Face à cette séquence qui est la  mère de toutes les batailles politiques , il reviendra à Rue89, Médiapart, ou Slate et leurs  équipes structurées  et  expérimentées  de  prouver qu'ils peuvent apporter autre chose et renouveler le genre éculé de la couverture médiatique d'une présidentielle . C'est ce que saura sans doute faire Owni, nouveau venu qui  devrait être à la pointe des nouveaux formats journalistiques tels que le journalisme de données, le fact cheking ou le serious game .

Le travail en réseau et le web participatif aideront-ils aussi à faire évoluer l'approche de la campagne ? L'épisode récent au cours duquel  Karl-Theodor zu Guttenberg, le ministre de la défense allemand, (...) a fait les frais  de ce type de collaboration imprévue  en voyant les internautes débusquer et mettre à jour le plagiat de sa thèse de doctorat  donne un exemple de ce qui pourrait arriver aux  hommes et femmes politiques français , si l'occasion se présentait.

Enfin, conclut l'analyse, c'et vraisemblablement sur le registre de la  cohérence  que l'on va certainement mettre la pression sur les hommes politiques, une évolution permise par l'archivage numérique de masse, qui rend de plus en plus disponibles toutes leurs déclarations et promesses, et facilite la mise en relief de leurs contradictions au fil du temps, ou encore des inexactitudes de leurs affirmations. Les journalistes web sont rompus à l'exercice, qui pourrait néanmoins rester cantonné au web : les grands médias, télévisions et grands journaux, oseront-ils s'en emparer ? C'est ce qui permettrait de faire évoluer le traitement du  plus grand événement politique du pays, jusqu'ici ultra-dominé par les éditorialistes de tout poils et les "grandes signatures" souvent peu prompte à l'innovation. 

Rendez-vous dans quelques mois pour voir comment le journalisme web se met à la hauteur des moyens dont il dispose et des enjeux qu'affrontera la nation.

 

 

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