Couv Le Bon

Après Lénine, Mussolini et Hitler mais aussi Freud, Bergson et De Gaulle , me voici avec les théories de Gustave Le Bon entre les mains. C'est donc en tremblant que j'ai ouvert le livre de Catherine Rouvier[1]  intitulé « Gustave Le Bon, clés et enjeux de la psychologie des foules ». Pour sa thèse, l'auteur avait eu le courage d'exhumer Gustave Le Bon de la désuétude dans laquelle il était tombé, à la suite des anathèmes qui lui furent courageusement lancés, après sa mort, par les tenants des dogmes de la « bonne pensée » et des mythes contemporains (toute-puissance de la raison, absence d'identité d'un peuple, matérialisme athée...).

Après Lénine, Mussolini et Hitler mais aussi Freud, Bergson et De Gaulle , me voici avec les théories de Gustave Le Bon entre les mains. C'est donc en tremblant que j'ai ouvert le livre de Catherine Rouvier [1]  intitulé « Gustave Le Bon, clés et enjeux de la psychologie des foules ». Pour sa thèse, l'auteur avait eu le courage d'exhumer Gustave Le Bon de la désuétude dans laquelle il était tombé, à la suite des anathèmes qui lui furent courageusement lancés, après sa mort, par les tenants des dogmes de la « bonne pensée » et des mythes contemporains (toute-puissance de la raison, absence d'identité d'un peuple, matérialisme athée...). 

Pourtant, quelle actualité ! Puissante et féconde, la « psychologie des foules » nous offre une analyse efficace des événements contemporains, des tours jumelles aux présidentielles, sans oublier  les funestes affaires Strauss-Kahn ou Merah, à partir du concept de la foule psychologique : « dans certaines circonstances données... une agglomération d'hommes possède des caractères nouveaux fort différents de ceux que chaque individu qui la compose. La personnalité consciente s'évanouit, les sentiments et les idées de toutes les unités sont orientés dans la même direction. Il se forme une âme collective, transitoire sans doute, mais présentant des caractères très nets. La collectivité devient alors ce que j'appelle une foule psychologique. Elle forme un seul être et se trouve soumise à la loi de l'unité mentale des foules » [2].

Cette foule, les grands de ce monde, nos grands chefs, l'ont connue et, tant bien que la mal, domptée. Mais, impétueuse et sauvage, elle se fait parfois maîtresse : « la connaissance de la psychologie des foules constitue la ressource de l'homme d'Etat qui veut non les gouverner – la chose est devenue aujourd'hui très difficile – mais tout au moins ne pas être trop complètement gouverné par elles. »[3]C'est aussi l'objet de ce livre : fournir les clefs de la manipulation des foules – non pas que les lecteurs de Liberté Politique soient tous de petits dictateurs en herbe mais, en revanche, presque tous voteront en avril et en mai. Il s'agit du meilleur antidote contre la déraison.

Si vous souhaitez interroger directement le professeur Catherine Rouvier, vous êtes convié à assister à sa conférence : « le peuple, la foule et les présidentielles » qui sera donnée en l'espace Bernanos (Paroisse Saint-Louis d'Antin), mercredi 11 avril, à 19h. Venez nombreux !

[1] Docteur d’État en droit public et en science politique de l'université Paris II (Panthéon-Assas), ancienne élève de Science-Po Paris, maître de conférence à Paris XI (Orsay), professeur à Albert-le-Grand (Angers) et collaboratrice de Liberté Politique.

[2] p. 52

[3] p. 32