Benjamin Netanyahu était, disait-on, tenté de faire voter la dissolution de la Knesset pour convoquer des élections anticipées en septembre. Cela ne sera finalement pas nécessaire. Le premier ministre israëlien a en effet annoncé, dans la nuit de lundi à mardi, un accord avec Kadima – parti fondé par Ariel Sharon et dirigé par l'ancien chef d'état-major Shaul Mofaz – qui le place à la tête d’une des plus larges coalitions de l’histoire d’Israël.

Le premier ministre privilégie ainsi la stabilité : « Lorsqu'il est apparu possible de former le plus vaste gouvernement de l'histoire d'Israël… j'ai saisi l'occasion », a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse.

Cette alliance remodèle en profondeur l’équilibre politique du pays. Netanyahu est désormais à la tête d’une coalition allant du centre droit à l’extrême droite qui comptabilise 94 sièges sur les 120 que compte la Knesset. Cette alliance affranchit également Netanyahu des pressions des partis Israël Beitenou – les ultranationalistes d'Avigdor Lieberman – et Shas – le parti ultraorthodoxe séfarade – qui étaient jusque là en mesure de faire chuter le Cabinet au moindre désaccord.

Cette nouvelle donne politique pourrait signer la fin de certains privilèges des ultraorthodoxes en Israël, exemptés par exemple de service militaire alors que chaque jeune israélien doit normalement 3 ans à son pays.

Autre rééquilibrage intéressant du côté des extrêmes, Netanyahu s’affranchit un peu plus des pressions de l’aile droite de son propre parti, qui compte de nombreux partisans de la colonisation à outrance des territoires palestiniens. On avait vu à l’occasion de la récente « régulation » de colonies, l’influence politique de ces partisans de la colonisation. Un fait politique inattendu, lié à n’en pas douter à la perspective des élections du 4 septembre.

Netanyahu renforce ainsi son gouvernement jusqu’aux prochaines élections (novembre 2013) et s’affranchit des différentes pressions grâce au rééquilibrage au centre que lui confère son alliance avec Kadima. Dans le même temps, cette unité gouvernementale rend Israël plus fort en cas d’action militaire contre l’Iran. Plus que jamais Israël est prêt quoi qu’il arrive.