Le Figaro

Guido Westerwelle, ministre des affaires étrangères allemand, dans une chroniques parue le 27 février 2012 dans la rubrique Opinion du Figaro propose de réorienter les subventions de l’Union européenne au profit des pays en difficulté financière.

Pour ce dernier « l’argent est là, malheureusement il n’est pas toujours investi là où on en a le plus besoin. » La solution de Westerwelle à la crise de la dette en Europe est avant tout synonyme de « mieux dépenser » ou encore « investir (…) de façon plus responsable ».

Le ministre allemand rappelle en effet que « le soutient aux régions représente plus d’un tiers du budget de l’Union Européenne ». Cela représenterait au total plus de 50 milliard d’euros dont la Grèce et le Portugal percoivent à eux seuls 3 milliards chacun. L’argent nécessaire pour relancer les économies en difficulté en Europe est donc là mais il n’est pas bien investi !

Subventions : causes ou solutions du problème ?

Guido Westerwelle pointe comme cause de la crise actuelle notamment en Grèce les mauvais investissements. Selon lui, ces subventions ont été détournées de leur objectif premier : l’harmonisation des niveaux de développement des régions européennes. Ainsi si la Pologne et les nouveau Länder allemands sont des réussites à cet égard, il déplore qu’en Grèce, l’argent ait davantage été investie dans la consommation plutôt que dans les technologies compétitives. Les subventions durables sont alors devenue comme des perfusion pour l’économie du pays et ont provoquées à long terme des disfonctionnements dont nous connaissons aujourd’hui les effets.

Cette tentation est bien entendue commune à tous les pays qui touchent de telles subventions. A propos de l’Allemagne, le ministre interroge, « Qui peut prétendre que la promotion de jardin publics, des espaces de remise en forme dans des hotels romantiques ou l’optimisation des itinéraires cyclables ont quelque chose à voir avec la compétitivité et l’impulsion de la croissance ? »

« Mieux dépenser »

Le ministre des affaires étrangères allemand affirme donc que l’Europe possède les fonds nécessaire à la sortie de la crise mais que le problème vient d’une mauvaise gestion des investissment : « il nous faut tout mettre en œuvre pour investir ces recettes fiscales de façon plus responsable ». Pour cela, Westerwelle propose quelques pistes à intégrer à « une nouvelle politique structurelle européenne » :

Des critères claires et transparents

« La distribution des fonds doit être axées sur la croissance, l’emploi et la compétitivité.

Une coopération étroite

« Les Etats membres de la Comission européenne doivent coopérer plus étroitement sur l’application de ces conditions, afin d’identifier les besoins spécifiques des différentes économies nationales et d’adapter le soutien de façon optimale. […] Ce qui importe c’est que le choix des projets ne s’oriente plus comme cela a trop souvent été le cas en fonction des intérets de politique intérieure, mais soit subordonné aux objectifs européens commun. »

De la flexibilité dans la mise en oeuvre

« Les priorité de soutient ne doivent pas être éternellement gravé dans la pierre. […] Actuellement, les États membres doivent fixer à l’avance pour sept ans dans quels domaines ils veulent investir leurs ressources. C’est beaucoup trop long. Dès le début de la période, des indicateurs-cibles objectifs, mesurables et contraignants devraient être convenus entre les États membres et la Commission. Ensuite, il devrait y avoir des évaluations régulières et, si possible, indépendantes afin de déterminer si ceux-ci doivent être ajustés ou s’ils ont été atteints. À défaut, les paiements devront pouvoir être stoppés et servir à alimenter de nouveaux projets plus intéressants. »

La priorité aux pays les plus touchés par la crise 

« A court terme, dans le soutien aux régions aussi, notre principal objectif doit être d’épauler les pays touchés par la crise de la dette pour les aider à s’en sortir. Des pas importants ont déjà été accomplis: les États membres participant à des programmes d’aide ne doivent plus fournir qu’une faible contribution financière aux projets de soutien. […] Mais, dans les pays en crise justement, nous avons avant tout besoin d’une plus grande flexibilité pour la réaffectation des aides au profit de la compétitivité. »

Et le ministre de conclure « Si la pression de la crise de la dette ne nous incite pas à effectuer un veritable bond qualitatif, qu’est-ce qui pourra nous y ammener et quand ? »