Le Figaro

Un correspondant berlinois du Figaro fait état des réactions allemandes face au programme européen de François Hollande.

En ce qui concerne Angela Merkel, les choses sont claires. Après avoir félicité le nouveau Président français mardi, la chancelière a clairement fait savoir à François Hollande qu’elle était prête à des concessions sur la formulation d'un nouveau pacte de croissance et l'augmentation des moyens de la Banque européenne d'investissement, mais qu’en aucun cas elle ne reviendrait sur le pacte de stabilité budgétaire. 

Angela Merkel, qui a su s’imposer comme l’acteur central de l’Europe et domine la politique européenne avec « une stratégie fondée sur la discipline budgétaire dans la lutte contre la crise de la dette », rejette catégoriquement tout programme de stimulation de la conjoncture qui creuserait la dette.

Certains de ses fidèles sont montés au créneau pour étayer sa position. « L'Allemagne n'est pas là pour financer les promesses électorales des socialistes », a lancé plus brutalement son lieutenant, le ministre de l'Écologie et vice-président de la CDU, Norbert Röttgen. « Le gouvernement fédéral défend clairement la poursuite de la politique de discipline budgétaire. », relate le correspondant du Figaro.

De son côté, Peter Altmaier, dirigeant du groupe parlementaire CDU au Bundestag et fidèle de la chancelière, met en garde : « L'économie de la France et les finances du pays demeurent dans un état précaire. Tout pays qui essaierait de mener une politique de l'offre en accroissant ses déficits se mettrait très vite les marchés à dos et verrait ses taux d'intérêt augmenter. La France n'a aucune marge de manœuvre. »

Deux conceptions s’affrontent : l’austérité de Merkel contre une vision plus souple d’un François Hollande prêt à consentir à des dépenses pour relancer la compétitivité et la croissance. Après les législatives, la chancelière entend donc « parvenir à un compromis avec Paris pour réaffirmer une fois pour toutes que la réduction des déficits budgétaires est la seule voie possible pour l'Europe. » Sinon, elle menace de « dénoncer les recettes archaïques d'un François Hollande accusé d'aller dans le mur ».

Si François Hollande a triomphé du candidat de l’austérité en France, il lui reste encore à affronter son allier allemand, d’autant plus concerné qu’il tient pour une grande partie les cordon de la bourse européenne. L’enjeu est donc de taille pour le président socialiste qui a le choix entre privilégier l’accord en faveur de l’austérité ou tenter de renverser la tendance en mobilisant les pays membres contre l’austérité (comme l’espère notamment la Grèce).

 

Source : Le Figaro