Les clés pour comprendre les scandales qui secouent le Vatican

Source [Le Figaro] Face aux scandales de pédophilie et aux polémiques sur la présence d'un «lobby gay» dans les hautes sphères de l'Église, le Pape a choisi de garder le silence. Mais il semble dépassé par leur ampleur. Le Figaro explique point par point les rouages de cette crise.

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Église et homosexualité: la doctrine officielle et les non-dits

Sur l'homosexualité, l'Église catholique pense trois choses, exprimées dans son Catéchisme officiel publié en 1992. Au numéro 2357, elle rappelle que «la Sainte Écriture» présente les relations homosexuelles comme des «dépravations graves», que «la Tradition» de l'Église a «toujours déclarées» comme «intrinsèquement désordonnées» et «contraires à la loi naturelle» et qu'elles «ne sauraient recevoir d'approbation en aucun cas». En second lieu, au numéro 2358, l'Église insiste pour que les personnes homosexuelles soient «accueillies avec respect, compassion et délicatesse». Avec cette recommandation: «On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste.» Enfin, elle insiste au numéro 2359: «Les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté.»

L'homosexualité chez certains membres du clergé, dénoncée par le document de Mgr Vigano, a toujours été considérée comme un tabou. Mais le cardinal Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, avait dû rappeler, dans un document officiel en 1986, qu'«au sein même de l'Église s'est formé un courant, constitué par des groupes de pression […] avec des personnes homosexuelles qui ignorent l'enseignement de l'Église ou cherchent d'une manière ou d'une autre à le saper». Il ajoutait: «On assiste même, en certaines nations, à une véritable tentative de manipulation de l'Église pour obtenir le soutien, souvent bien intentionné, de ses pasteurs en faveur d'un changement des normes de la législation civile.» C'est une «propagande trompeuse».

À deux reprises, en 2013, année de son élection, le pape François a reconnu l'existence d'un «lobby gay» dans l'Église. En juin, il avait confié à des religieux latino-américains: «Au Vatican, il y a des gens qui sont de vrais saints, vraiment, mais il y a aussi un courant de corruption […] Et on parle de “lobby gay”, c'est vrai, il existe.» Puis, fin juillet, de retour des JMJ du Brésil, François, interrogé à propos d'un scandale d'homosexualité concernant l'un de ses proches collaborateurs, Mgr Ricca - toujours en fonction -, avait dit: «On doit distinguer le fait d'être gay du fait de faire un lobby […] Si une personne est gay et cherche le Seigneur, fait preuve de bonne volonté, qui suis-je pour la juger?»

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