LR : simple clarification de la ligne... ou véritable mutation idéologique ? Ce qui se joue vraiment derrière le psychodrame Wauquiez Calmels

Source [Atlantico] L'éviction de Virginie Calmels semble correspondre à une vraie affirmation de la ligne idéologique de Laurent Wauquiez dans le parti, ligne qui transforme le parti en profondeur et ne peut s'encombrer de "ce qui est accessoire".

Atlantico : Suite aux critiques formulées Virginie Calmels, Laurent Wauqiez a pris la décision de limoger cette dernière de ses responsabilités au sein de la famille LR. Derrière le cas ​  d'espèce, et en regardant plus largement la séquence menée par Laurent Wauquiez ​ depuis sa prise du parti, n'assiste-t on pas à plus qu'un simple changement de ligne ? Au regard de ce qui pu être dit aussi bien par Patrick Buisson dans un entretien donné au Figaro à propos d'Emmanuel Macron "Il est néanmoins parvenu à ressusciter l'UDF grâce à un arc de soutiens qui va de François Bayrou à Philippe de Villiers.

C'est pourquoi il serait aberrant pour Les Républicains de chercher à lui disputer l'espace du centre et du centre-droit où il occupe jusqu'à preuve du contraire une position inexpugnable. "mais également  ​au​  travers  ​de ​ ce que dit le philosophe italien Diego Fusaro dans le Figaro également "la vieille dichotomie droite-gauche a été remplacée par la nouvelle dichotomie haut-bas, maître-esclave (Hegel). Au-dessus, le maître a sa place, il veut plus de marché dérégulé, plus de globalisation, plus de libéralisations. Au-dessous, le serf « national-populaire » (Gramsci) veut moins de libre-échange et plus d'État national, moins de globalisation et une défense des salaires, moins d'Union européenne et plus de stabilité existentielle et professionnelle.". En quoi la stratégie de Laurent Wauquiez semble-t-elle plus aller dans ce cens d'un véritable changement de nature du parti qu'à un simple "changement de ligne" ?

Edouard Husson : Il y a seize ans, la droite avait bien failli ne pas arriver au deuxième tour de la présidentielle. Jacques Chirac avait, finalement, atteint le deuxième tour pour affronter Jean-Marie Le Pen, par la seule mécanique de la cohabitation, qui amenait le président inactrif à être plus populaire que son Premier ministre impopulaire à force d’agir. Pour être plus précis, N icolas Sarlozy avait certainement joué un rôle dans cette qualification de justesse de Jacques Chirac car il avait conseillé d’infléchir la campagne vers les enjeux de sécurité. Une fois Jacques Chirac réélu, Nicolas Sarkozy mit en oeuvre, avec un instinct politique très sûr - et en tenant compte de l’avis d’observateurs de l’opinion comme Patrick Buisson - une synthèse capable de rassembler la droite, toute la droite, et le centre: il s’agissait d’une synthèse entre les préoccupations de sécurité et d’identité nationale et l’européisme bon teint, alors impossible à mettre en cause si l’on voulait accéder au gouvernement. Cette synthèse a permis la magistrale campagne de 2007. Et il faut bien dire qu’elle a failli être gagnante à nouveau en 2012; mais lors de la campagne pour sa réélection il a manqué à Nicolas Sarkozy des voix qu’il avait prises cinq ans plus tôt au Front National. Le plus imprévisible des présidents français depuis de Gaulle avait fini par être rattrapé par la machine à broyer les originalités qu’est la technocratie française. Au lieu de profiter de la crise pour faire sauter les cadres de la pensée unique économique, il s’était remis dans les rails de l’axe franco-allemand et de la discipline européenne, perdant le contact avec son électorat populaire. Par comparaison, en 2018, la situation est beaucoup plus facile pour quelqu’un qui aspire à diriger la droite, touter la droite. En effet, siège à l’Elysée le plus européiste des présidents depuis Giscard. Et l’utopie européenne est en train de se fracasser. Le chef des Républicains n’a pas à bouger. Il lui suffit de continuer la ligne Sarkozy sur l’identitié et la sécurité; d’accepter le tournant conservateur en matière « sociétale », comme Fillon. Et, surtout, il ne faut pas exclure la ligne juppéiste. Elle va soit se dissoudre d’elle-même, soit évoluer sous l’influence de la réalité européenne. Aujourd’hui pourrait tomber, à condition de garder son calme, le verrou européen. 

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