Le récent scrutin de 2012 trace une nouvelle géographie électorale en France. Alors que François Hollande (51,6 %) et François Mitterrand (51,7 %) font à peu près des scores identiques, « la répartition géographique varie beaucoup», explique Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l'Ifop au Figaro.

Deux grands ensembles dominent de façon schématique cette géographie électorale : « à l'Ouest, la gauche progresse significativement, tandis qu'à l'Est, le vote de droite s'intensifie. »

L’Ouest passe à gauche

Pour deux scores presque identiques, ce sont en réalité deux répartitions des votes en France presque inverses ! Par exemple en Bretagne, Normandie et dans les Pays de la Loire, des régions « longtemps orientées à droite », la gauche obtient aujourd’hui une majorité.

« Symptomatique de cette évolution, nous dit le Figaro, l'Ille-et-Vilaine, a donné 55,7 % à Hollande, quand elle n'accordait que 45,8 à Mitterrand. Tout aussi impressionnant, le Finistère ou le Morbihan qui votaient à gauche à 49,6 % et 46,3 en 1981, contre 58,9 % et 51,7 % le 6 mai dernier. »

Une gauche plus "humaniste" et une France moins catholique

Ce « passage à gauche » s’explique notamment d’après le quotidien par le recul du vote catholique : «Le vote de droite s'est étiolé à mesure que le lien avec la pratique religieuse s'est relâché. Mais, dans le même temps, les relations avec la gauche se sont aussi apaisées», explique Jérôme Fourquet.

La gauche n'est plus « viscéralement anticléricale », ce qui la rend beaucoup plus accessible « aux yeux de nombreux électeurs démocrates-chrétiens ». Mieux, elle s’est appropriée certaines « valeurs humanistes, d'inspiration chrétienne » gagnant à sa cause de nombreux électeurs « dès lors que la pratique religieuse déclinait ».

A l’inverse, la campagne de Nicolas Sarkozy, « jugée par certains comme trop à droite », a sans doute renforcé un mouvement d’adhésion à la gauche et de repoussoir de la droite au nom même de ces valeurs humanistes.

La France méridionale encore plus à droite

Mais si l’Ouest penche à gauche, la France méridionale, elle, demeure à droite, voire de plus en plus à droite. Ce qui explique les scores identiques des deux Présidents socialistes de la cinquième République. La gauche progresse d’un côté mais recule de l’autre.

C’est dans les Bouches-du-Rhône que la chute est la plus spectaculaire. Alors que Mitterrand en 1981 faisait 56,1% Hollande en 2012 ne fait que 47,2. Dans le Var, si Valérie Giscard d’Estaing ne bénéficiait que d’une courte avance (51,6 %), Nicolas Sarkozy a quant à lui bénéficié d’un soutien franc et massif avec 62,6 % des voix. « Tout comme les Alpes-Maritimes qui sont passées de 54,7 à 64,2 » révèle l’étude du Figaro. « Dans une bonne partie des départements du Sud-Est, la progression de la droite au second tour avoisine les 10 %. »

« Si la France catholique de l'Ouest a basculé à gauche, la France méridionale s'est solidement ancrée a droite » conclut le quotidien. Une évolution qui s’expliquerait notamment par « l'afflux de retraités, plus sensibles aux idées de l'UMP, et une population plus réceptive aux thèmes de l'immigration, de l'insécurité et des frontières », explique le Figaro.

 

Source : Le Figaro