Fatima et la politique : chronique n°7

Dans la chronique précédente, nous disions que l’un des tous premiers enseignements de Notre-Dame sur le plan temporel était : « Récitez le chapelet tous les jours pour obtenir la paix dans le monde et la fin de la guerre », dernière phrase prononcée par la Sainte Vierge le 13 mai 1917. Cet enseignement est effectivement un des premiers, mais ce n’est pas le tout premier : il y en eut un autre avant.

En effet, au début du dialogue qui se tint ce jour-là, Lucie posa la question : « Pouvez-vous me dire si la guerre durera encore longtemps, ou si elle va bientôt finir ? ». Et la Sainte Vierge répondit : « Je ne puis te le dire encore, tant que je ne t’ai pas dit aussi ce que je veux. »

Pourquoi Notre-Dame ne put-elle pas répondre à Lucie ? Les experts se sont peu penchés sur cette question. Il est vrai que la question de Lucie sur la guerre et la réponse de Notre-Dame ne sont pas rapportées dans le quatrième mémoire, mais elles se trouvent dans la première déposition de la petite voyante devant son curé en mai 1917 ainsi que dans d’autres sources primitives.

 « Je ne puis te le dire encore » signifie que Notre-Dame connaît la réponse à la question de Lucie, mais qu’elle ne peut la lui confier. Il y a sûrement là un enseignement à méditer. La raison qu’elle donne est à première vue étonnante : pour qu’elle puisse dire à Lucie quand finira la guerre, il faut auparavant qu’elle lui dise ce qu’elle veut.

Cette volonté est à n’en pas douter un point important, car Notre-Dame revint dessus au cours des apparitions suivantes. Le 13 juin, elle dit à Lucie : « Je veux que vous veniez ici le 13 du mois prochain, que vous disiez le chapelet tous les jours et que vous appreniez à lire. Ensuite, je vous dirai ce que je veux. » Et le 13 juillet, elle insista en disant : « Continuez à venir ici tous les mois. En octobre, je dirai qui je suis, ce que je veux, et je ferai un miracle que tous pourront voir pour croire. »

Lucie devra donc attendre jusqu’au 13 octobre avant d’avoir la réponse de la Sainte Vierge. Et voici ce que Notre-Dame lui dit ce jour-là : « Je veux te dire que l’on fasse ici une chapelle en mon honneur. Je suis Notre-Dame du Rosaire. Que l’on continue toujours à dire le chapelet tous les jours. La guerre va finir et les militaires reviendront bientôt chez eux. ». Puis elle ajouta une recommandation : « N’offensez pas davantage Dieu, Notre-Seigneur, car Il est déjà trop offensé. » Et cette dernière phrase fut la dernière prononcée par Notre-Dame à Fatima.

Voilà donc « ce que veut » Notre-Dame : qu’on l’honore comme Notre-Dame du Rosaire. Et pour cela, elle indique deux moyens : lui construire une chapelle et réciter le chapelet tous les jours.

 

En relisant l’ensemble des paroles prononcées par la Sainte Vierge à Fatima, on observe que sa demande du 13 octobre a été préparée par les révélations faites au cours des précédentes apparitions. Car à chaque apparition, Notre-Dame a plus ou moins directement parlé du rosaire.

Tout d’abord à chaque apparition, elle a demandé la récitation quotidienne du chapelet. Et par trois fois elle a précisé : « Récitez le chapelet tous les jours pour obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre. » (13 mai, 13 juillet et 13 septembre 1917).

De plus, par quatre fois, elle a parlé de Notre-Dame du Rosaire : le 13 juillet, deux fois le 19 août et le 13 septembre. Si Notre-Dame insiste tant, c’est que le chapelet et le rosaire sont un point capital et elle veut que Lucie le comprenne bien avant de lui révéler quand finira la guerre. Car il y a un ordre dans ce que nous devons apprendre ou faire. Dieu, premier servi ! La prière est donc première dans l’ordre des révélations. L’un des points les plus importants du message de Fatima puisqu’il en sera question à toutes les apparitions, est celui-ci : la paix dans le monde et la fin des guerres sont liées à la récitation quotidienne du chapelet en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire.

 

Quelle conclusion pouvons-nous en tirer pour notre action politique ? Nous aimerions bien redresser la situation actuelle de notre pauvre pays. Et pour cela, nous aimerions avoir les secours du Ciel, ou tout au moins, savoir quand cette triste situation prendra fin. Mais avant de savoir quand finiront les désordres contre lesquels nous luttons, nous devons apprendre qui est celle qui est apparue à Fatima et l’honorer.

Dans chacune des chroniques précédentes, nous avons vu que pour obtenir une grâce particulière, il convenait de faire deux choses : prier et accomplir dans l’ordre temporel ce qui est à notre portée. Ici, Notre-Dame précise la prière qui est plus spécifiquement demandée pour obtenir la paix et la fin des guerres : honorer Notre-Dame du Rosaire et réciter le chapelet tous les jours.

La première révélation de Notre-Dame dans le domaine temporel peut donc se formuler de la façon suivante : tout homme politique qui souhaite œuvrer utilement pour la paix et mettre fin aux désordres qui infestent le monde doit commencer par avoir une grande dévotion envers Notre-Dame du Rosaire. Pour cela, il doit réciter son chapelet tous les jours. Et s’il veut être encore plus efficace, il doit même inciter ses proches à l’imiter. Car Notre-Dame ne pourra pas nous dire quand finiront les désordres que nous traversons tant que nous n’aurons pas montré une grande vénération envers elle. Elle ne pourra pas nous inspirer les actions temporelles propres au rétablissement de la paix si nous ne commençons pas par l’honorer. Voilà très probablement le sens de ce premier enseignement, en apparence un peu sibyllin, de Notre-Dame.

Et surtout, ami lecteur, si une autre explication vous vient à l’esprit, n’hésitez pas à nous en faire part.