STRASBOURG,[DECRYPTAGE/information] - Le Parlement européen a adopté, ce 13 mars 2002, une résolution sur "Les femmes et le fondamentalisme", prétexte à une violente attaque contre "l'obscurantisme religieux". Déposée par Mme Izquierdo Rojo, cette résolution a été adoptée avec 242 voix pour, 240 votes contre et 42 abstentions.

Elle dénonce toutes les formes de discriminations et de mauvais traitements subis par " les femmes " du fait du " fondamentalisme religieux ".

Il n'y aurait rien à redire si cette résolution ne visait les religions en général, définie comme source de tous les extrémismes et obscurantismes. Cette résolution est proprement historique dans l'histoire du Parlement européen tant elle comporte d'amalgames volontaires et d'attaques directes :

Un texte binaire mélangeant toutes les religions. La position exposée par la résolution est binaire. Mélangeant volontairement toutes les religions, elle est limitée au schéma caricatural de la lutte du "rationalisme" contre "l'obscurantisme" comme si la lapidation était une expression naturelle du fait religieux.

Un texte présentant la religion comme "oppressive" : à titre d'exemple, la résolution affirme vouloir "libérer les femmes du pouvoir des hommes et des religions", notamment sur "leurs fonctions reproductrices".

Un texte donnant des leçons à l'Église et aux "chefs religieux" : la résolution demande aux chefs religieux d'introduire la "parité homme-femme" au sein des hiérarchies religieuses et de modifier leur attitude à l'égard de l'avortement, de l'homosexualité.

Un texte voulant soumettre la foi au droit international : quand le "rationalisme" s'en prend à "l'obscurantisme", il n'hésite pas à porter atteinte au principe de séparation de la sphère temporelle et de la sphère spirituelle en demandant de soumettre la foi et les enseignements religieux à un contrôle de conformité aux droit international et aux droits de l'homme.

Cette résolution poursuit un but indirect, non sans conséquence. Il s'agit de discréditer et d'exclure la "religion" de la réflexion menée actuellement sur l'aménagement des institutions communautaires. Les travaux de la Convention sur l'avenir de l'Europe attisent le militantisme anti-religieux et laïciste. Celle-ci aura notamment à se prononcer sur la place de l'héritage judéo-chrétien dans la construction européenne. Très récemment, à l'occasion de sa déclaration sur le divorce et l'indissolubilité du mariage, le pape Jean Paul II a ainsi été vertement critiqué par un groupe de députés mené par M. Cohn-Bendit, dénonçant l'excès de pouvoir du chef de l'Église catholique et ses intentions "subversives".

Il est piquant de relever que le 8 mars, Journée internationale de la femme, le pape Jean-Paul II lancait un appel en faveur des femmes en difficulté afin "qu'elles aient toujours à leurs côtés des personnes disposées à leur apporter un soutien pour qu'elles puissent réaliser pleinement leurs aspirations légitimes".

Manifestant sa " proximité spirituelle ", le Saint-Père recommandait le développement d'une " spiritualité de l'accueil " et la diffusion " d'une fraternité universelle authentique où tout être humain se sente accueilli sans distinction de classe sociale, de religion, de culture ou de nationalité ".

Alarmé par la pression des lobbies anti-religieux au Parlement européen, le Centre français pour la justice et les droits fondamentaux-CFJD, en association avec d'autres organisations internationales, demande que soit reconnu l'héritage chrétien européen et respectée la liberté religieuse.

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Retrouvez le texte de la résolution sur le site www.cfjd.org